La NASH, c'est une des maladies du siècle : elle rend le foie "gras" et peut entraîner des complications sévères. Conséquence de la "malbouffe", elle touche de plus en plus de monde et ses symptômes passent inaperçus...


Il y a quelques années, personne n'avait entendu parler de la NASH. Et pourtant cette maladie du foie « gras » qui touche de plus en plus fort les sociétés occidentales donne lieu ce mercredi 12 juin à la 2e édition de sa journée internationale. La NASH est une forme grave et avancée de la maladie du foie gras humain nonalcoolique, ou NAFLD (pour « non alcoholic fatty liver disease »). La première cause de mortalité chez les individus atteints de la NAFLD sont les maladies cardiovasculaires. À terme, la NASH peut conduire à une cirrhose et un cancer du foie.

Et en un an, les préoccupations autour de cette maladie que l'on appelle aussi la maladie du soda sont loin d'avoir été réglées. En Belgique, 5% de la population adulte est concernée par cette maladie dans sa forme la plus grave mais surtout, la prévalence de son stade précoce, la NAFLD, est de 25 % dans la population générale. Chez les obèses et les diabétiques, la prévalence de la NASH atteint même 25 à 30 %. D'ailleurs, les prévisions des spécialistes sont mauvaises : la prévalence de la NASH devrait augmenter de 63% entre 2015 et 2030 en lien avec l’augmentation mondiale du diabète et de l’obésité...

Une maladie silencieuse

On doit cette atteinte au foie humain à un régime alimentaire trop riche en sucre et en graisse ainsi qu’au manque d’exercice physique. Mais si l'on en connaît bien les causes, les spécialistes ont beaucoup de mal à identifier les individus à risque. Car cette maladie ne présente pas vraiment de symptôme particulier alors qu'elle peut entraîner des complications sévères : cirrhose, cancer du foie, infarctus du myocarde, AVC, etc.

« Les patients sont donc souvent diagnostiqués de façon fortuite à des stades tardifs, lorsque les premiers symptômes spécifiques à la cirrhose apparaissent et que les lésions dans le foie sont irréversibles. Or au stade de la cirrhose ou du cancer du foie, seule la transplantation hépatique représente un traitement curatif » alerte le Nash Education Program, à l'origine de cette journée internationale.

L'un des enjeux de ces prochaines années est de pouvoir diagnostiquer au plus tôt les patients à risque. Pour l'instant, le corps médical la repère suite à une biopsie, un procédé invasif et coûteux, uniquement

pratiqué par les hépatologues. Les recherches s'orientent donc vers des « tests diagnostics non-invasifs, utilisables par les médecins généralistes et endocrinologues », explique le Nash Education Program.

Pierre Menès, ambassadeur de la NASH

Mieux connue depuis qu'elle a été appelée « maladie du soda », cette maladie qui attaque le foie est aujourd'hui toujours mal comprise et sujette à de nombreux préjugés. Et comme pour tout, ce sont les personnalités touchées qui peuvent souvent faire avancer la cause. Dans le cadre de la NASH, le journaliste et consultant du foot Pierre Menès a beaucoup contribué à mieux la faire connaître auprès du grand public en racontant sa maladie qui l'a amené à devoir subir une greffe du foie et du rein. Aujourd'hui il est devenu l'ambassadeur français de la cirrhose Nash : « Je veux aider, je n’oublie pas que la greffe m’a sauvée. Quand on te fait ce cadeau, il faut rendre ce que la générosité d’une famille de donneur t’a offert », expliquait-il récemment au Parisien.

Côté recherches, des programmes menés aux Cliniques universitaires Saint-Luc notamment tentent de mieux comprendre le processus de dégradation du foie et creusent des pistes de traitements parmi les thérapies cellulaires.