Faut-il avoir peur du gluten ?

Chaque semaine, notre chroniqueuse Aline Ways, coach holistique en nutrition joue la détective nutritionnelle en passant à la moulinette les aliments pour nous servir réflexions, recettes et bons plans. Cette semaine, focus sur le gluten.

Faut-il avoir peur du gluten ?
©REPORTERS
Aline Ways

Chaque semaine, notre chroniqueuse Aline Ways, coach holistique en nutrition joue la détective nutritionnelle en passant à la moulinette les aliments pour nous servir réflexions, recettes et bons plans. Cette semaine, focus sur le gluten.


Si les produits sans gluten ont pris d’assaut nos étalages, seuls 1% d’entre nous souffriraient de la maladie de cœliaque (l’intolérance absolue au gluten) et 9% d’intolérance. Mais voici que parmi les 90% restants, nombreux sont ceux qui adoptent des régimes sans gluten ou même plus spécifiquement sans blé (la céréale qui contient le plus de gluten) et qui parviennent à perdre du poids, venir à bout de troubles intestinaux comme les ballonnements, la constipation, mais aussi à vaincre le diabète, normaliser les taux de cholestérol, réduire l’inflammation et les douleurs articulaires, et même à augmenter leur concentration et énergie! Pourtant, les études scientifiques sont mitigées et ne soutiennent pas toujours ces propos. Ni le blé ni le gluten y sont incriminés pour les problèmes de poids, malgré le vécu et le témoignage de nombreuses personnes.

Alors qu’est-il arrivé au pain quotidien de nos ancêtres? Devons-nous aussi l’éviter même si l’on fait partie des 90% ? Il faut savoir que le blé est particulièrement enrichi en gluten pour que le pain soit plus moelleux. En outre, les généticiens des années septante, afin d’augmenter les rendements pour faire face à une population grandissante, ont modifié une de ses protéines, la gliadine, et en ont involontairement fait un puissant stimulant de l’appétit!

Faut-il donc l’éliminer? Comment savoir si l’on a une sensibilité au blé (le stade avant l’intolérance)?

Pourquoi ne pas faire votre propre étude empirique: éliminez le blé pendant15 jours et voyez si vous vous sentez mieux. Ensuite, réintroduisez-le et observez si des symptômes reviennent.

Mais attention ! Car s’il est vrai que la farine de blé raffinée est un ingrédient de base dans de nombreux aliments industriels à faible valeur nutritive, les remplacer par leurs équivalents sans gluten ne vous fera pas perdre du poids ni améliorer votre santé. Même s’ils donnent l’impression d’être sains et bénéfiques, la plupart d’entre eux sont tout aussi industriels, peu nutritifs, et contiennent souvent des graisses et des sucres ajoutés pour en rehausser le goût et la texture!

En revanche, si vous éliminez les aliments contenant ces farines blanches raffinées comme le pain, les pâtes, les gâteaux, les biscuits et les plats préparés et que vous les remplacez par plus de légumes, de fruits, d’aliments non transformés, entiers, des légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots), des féculents sains: patate douce, quinoa, sarrasin, et surtout que vous privilégiez le fait-maison, (coïncidence, tout cela est sans gluten) alors vous allez augmenter l’apport nutritionnel tout en réduisant l’apport calorique. Ainsi, vous risquez fort de vous en porter mieux!


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