Sommeil : pourquoi dort-on mal ailleurs que dans son lit ?

Il n'y a pas de secret, on dort toujours mieux à la maison. Pourquoi ? Des scientifiques ont trouvé la réponse dans notre cerveau.

Sommeil : pourquoi dort-on mal ailleurs que dans son lit ?
©REPORTERS
Rédaction lifestyle

Il n'y a pas de secret, on dort toujours mieux à la maison. Pourquoi ? Des scientifiques ont trouvé la réponse dans notre cerveau.

A l'hôtel, chez des amis, dans une chambre d'hôte, sous une tente, ... C'est le même combat partout. Vous vous retournez des milliers de fois sans réussir à fermer l’œil. Un phénomène bien connu par bon nombre d'entre vous, et ce, même après un voyage éreintant. Le responsable de ces insomnies ? Notre cerveau. Dans un univers inconnu, l'hémisphère gauche resterait à l'affût de toute situation dangereuse.


Un "effet première nuit"

Dans une étude publiée la semaine dernière pour la revue Current Biology, des chercheurs de l'université de Brown aux États-Unis expliquent ce phénomène nommé "l'effet première nuit" qui nous empêche de bien dormir. C'est d'ailleurs pour cette raison que les spécialistes du sommeil n'utilisent pas les données de la nuit numéro une lors d'expériences en laboratoire.

Au cours d'une première nuit dans un endroit inconnu, les deux hémisphères de notre cerveau présentent donc une activité asymétrique. Le côté gauche reste hyper vigilant. Il réagit aux sons, aux stimulis externes. Un trouble transitoire qui s’estompe déjà dès la nuit suivante.


Un héritage de notre passé préhistoriques ?

Pour en venir à ces conclusions, les scientifiques ont étudié le cerveau de 35 personnes via l'imagerie par résonance magnétique (IRM), l'électroencéphalographe et le magnétoencéphalographe durant plusieurs nuits de suite. Ils ont émis des sons à proximité des deux oreilles des participants, puis uniquement de l'une ou de l'autre. Résultat : les participants se sont réveillés plus souvent lorsque ces bruits étaient perçus par l'oreille droite (reliée à l'hémisphère gauche). Par contre, les nuits suivantes, aucune partie du cerveau ne présentait une activité particulière. Maintenant, les chercheurs n'ont analysé que le début de cycle du sommeil, pour des raisons techniques (l'inconfort du scanner ne permettant pas une nuit entière). Ils n'excluent donc pas que l'hémisphère droit prenne ensuite le relais et ainsi de suite de manière alternée.

Ce phénomène a déjà été observé dans la nature, chez certains mammifères marins comme les dauphins qui ne plongent qu'un hémisphère à la fois de leur cerveau dans le sommeil pour pouvoir remonter à la surface de l'eau et respirer. Pareil chez certains oiseaux, comme les canards colverts qui gardent un œil ouvert en alternance pour fuir en cas de menace.


Des solutions à "l'effet première nuit" ?

Un constat certes, mais il existe des solutions à cet "effet première nuit" qui perturbe notre sommeil. Les auteurs de l'étude conseillent par exemple d'apporter son propre oreiller pour créer un environnement rassurant. Ou alors, découchez plus souvent. Pour que le cerveau s'y habitue.

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