Comment aborder au mieux la rentrée scolaire avec ses enfants ?

La rentrée scolaire, c’est du stress pour les élèves, petits ou grands. Comment le calmer et aborder avec un peu plus de sérénité cette fameuse reprise de l'école ? Les conseil d'une spécialiste de l'enfance et de l'école, Nathalie Vancrayenest.

Comment aborder au mieux la rentrée scolaire avec ses enfants ?
©Getty/iStock
Nathalie Vancraeynest

Des larmes sur la joue des plus petits et de l’enthousiasme mêlé à de l’appréhension chez les plus grands : la rentrée scolaire, c’est du stress pour les élèves, petits ou grands. Comment le calmer et aborder avec un peu plus de sérénité cette fameuse reprise de l'école ? Les conseil d'une spécialiste de l'enfance et de l'école, Nathalie Vancrayenest.


Nathalie Vancrayenest est coach scolaire et parental. Depuis des années, elle oeuvre à la reconstruction de l'estime de soi des enfants, à travers le jeu, les activités créatives et la parole... car « tout passe par là ». La parole, la confiance et les règles familiales forment d'ailleurs le trio gagnant des relations parents-­enfant ! Dans cette chronique, la spécialiste vous livre ses conseils avisés.

La nouveauté, l’imprévu, l’instabilité sont générateurs de stress chez les enfants. S’il n’est pas à dramatiser, ce stress n’est ni futile, ni insignifiant. Reconnaître sa légitimité et rassurer l’enfant seront deux étapes importantes pour qu’il s’adapte à son nouvel environnement.

Les signes du stress chez l’enfant sont les suivants :

  • Des troubles du comportement, comme une agitation motrice inhabituelle

  • L’irritabilité

  • La dépendance à l’adulte

  • Une fatigue plus importante

  • Des troubles du sommeil

  • Des difficultés de concentration

  • Des régressions

  • Des maux de ventre et de tête

Si les signes du stress persistent, au-delà des toutes premières semaines d’école. Il est temps d’agir car le stress va se transformer alors en détresse et l’enfant n’aura plus accès aux compétences qu’il a acquises et aux stratégies d’adaptation. Il s’épuisera et se démotivera !


La première rentrée

L’enfant de 3 ans qui rentre à l’école est coupé de tous ses repères tant au niveau de l’espace que du temps et n’a pas encore la capacité de se référer à des expériences passées. Lui donner des repères est indispensable à son sentiment de sécurité, au fait d’être rassuré sur le retour de ses parents après la ronde avec les copains pour se dire bonjour, les activités, le repas, la sieste et le goûter : il doit être sûr que papa ou maman vont venir.

Avec les enfants de maternelle, expliquez le déroulement de la journée, avec des détails : la récréation, le repas de midi, la sieste, une autre collation et puis c’est l’heure des parents. Faites le tour des différents espaces de la classe de l’école, Et si vous aviez déjà visité les lieux, faites appel à sa mémoire « Tu te souviens du réfectoire, de la salle, du coin lecture ….» Soyez précis, quand vous lui expliquez qui viendra le chercher, rien de pire pour un enfant qu’un "on" dépersonnalise, "on" ce n’est personne ! Acceptez le jour de la rentrée de prendre du temps, pour saluer l’instituteur, l’institutrice, pour faire les présentations et l’installer dans cette nouvelle vie.

Acceptez aussi que votre enfant prenne son "Doudou" ou tout autre objet transitionnel. Même, s’il n’en avait peut-être plus besoin en milieu d’accueil. Cet objet l’aide à prendre son autonomie, dans sa réassurance. Avec Doudou il gère ses émotions. Ne créez pas le sentiment d’insécurité en envisageant la perte ou le vol de Doudou à l’école.

Et ne laissez pas Doudou à la maison sous le prétexte, que maintenant c’est un grand garçon, une grande fille. Admettez-le-vous aussi, vous avez un porte-bonheur ?

Doudou sera un excellent témoin des premiers jours à l’école, si votre enfant ne vous parle pas de l’école, il répondra volontiers aux questions sur la journée de Doudou !


Et les plus grands alors ?

Chaque début d’année scolaire comporte son lot d’inconnu et de questions sources de stress. « Est-ce que je serai avec mes copains, copines ? » « Elle/il a la réputation d’être une « peau de vache ! »….

Viennent s’ajouter à ces questions récurrentes d’année en année, d’autres sujets d’inquiétudes lors des passages maternelle/primaire et primaire/secondaire.

L’enfant passe du statut d’aîné à celui de cadet, « Est-ce que je vais être l’objet des moqueries des plus grands ? » « Est-ce que je vais être à la hauteur de ce que mes parents, mes enseignants attendent de moi ? » Eh oui, notre enseignement est tourné vers la performance, les points obtenus ont souvent plus d’importance que le contenu de l’apprentissage et le processus. Et nous avons tendance à renforcer ce stress de performance par des petites phrases du genre : « Travaille bien », « Sois sage, écoute bien », « Tiens-toi bien, fais un effort ». Peu de parents évoquent le plaisir d’apprendre et pourtant le moteur de la motivation est là !


Alors comment faire ?

- Si votre enfant n’a pas très faim en ce jour de rentrée pas de panique, le stress ralentit la digestion ! Une collation un peu plus copieuse que d’ordinaire sera la bienvenue pour recharger les batteries, pensez à l’eau, elle est indispensable au bon fonctionnement de notre cerveau.

- Evitez de surcharger les horaires des petits comme des plus grands, ils ont besoin de temps pour jouer, rêver, imaginer et s’ennuyer. Car à force de structurer leur temps avec des activités multiples et variées, nous les rendons dépendants de nous.

- Laissez de la place au jeu libre qui favorise la créativité et l’imagination des enfants. En permettant à l’enfant de s’exprimer librement, le jeu a un rôle important dans la réduction du stress et le développement de l’autonomie dans la résolution d'un problème.
Le jeu libre est infiniment plus riche pour le développement de l’enfant, qu’une activité qu’il subit pour faire plaisir à ses parents et où il devra fournir des performances. Voilà, vous pouvez vous déculpabiliser de ne pas l’avoir inscrit aux cours de piano, violon, aïkido, danse, yoga, ...

- Réduisez le bruit au maximum, car il est un facteur de stress important, nous l’oublions souvent tellement il fait partie intégrante de notre quotidien.

- Prévoyez un week-end et des moments de détente en famille. Montrez l’exemple, prenez soin de vous et d’eux : une histoire, un film, une balade autant de moments de complicité bien plus agréables et bénéfiques que les « courses taxi » entre les différentes activités.

- Aidez votre enfant à acquérir des stratégies pour réduire son stress. Ces stratégies sont de deux ordres : la première est dite « active » et vise à résoudre les problèmes de façon autonome. Lorsque nous avons le sentiment de pouvoir agir, de contrôler notre vie, les événements nous apparaissent comme moins stressants.
La seconde stratégie est dite « passive » : cette stratégie vise à vivre avec l’élément stressant mais nous permet d’assurer notre bien-être (relaxation, respiration, rêverie). Cette stratégie est utile lorsque nous réalisons que nous n’avons pas de moyens d’action sur l’élément stressant.


Voilà quelques astuces qui devrait vous assurer une rentrée définitivement zen. Bonne rentrée !

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