Ces complexes qui polluent la relation

Au lit, notre physique peut être source de stress et de gêne. Généralement, les complexes touchent plus les femmes que les hommes. Elles se trouvent imparfaites.

Laura Cerrada

Au lit, notre physique peut être source de stress et de gêne. Généralement, les complexes touchent plus les femmes que les hommes. Elles se trouvent imparfaites. “Naturellement, on cherche à ressembler à un modèle, c’est plus facile et humain que de se créer et s’aimer soi-même. Beyoncé, Rihanna, Kate Moss, Kim Kardashian…, il y a de quoi se perdre”, note Sabrina Bauwens, sexologue.

Plus grands complexes

La sexologue liégeoise indique que “de manière générale, les complexes apparaissent plus chez les femmes”. Elle poursuit: “Plus les années passent, plus cette pollution mentale s’installe dans la tête des mâles.” Elle constate un retour des courbes généreuses, “mais le ventre doit rester plat et la poitrine généreuse. Et surtout, les fesses volumineuses sont pour la première fois un point très important de la silhouette féminine. Le derrière se doit d’être un peu musclé, pour ne pas donner une impression de gras. Pas facile tout ça... Donc, même si les plus grands complexes restent le poids et la poitrine, tout le corps devient source d’angoisse : fesses trop plates, petite, grosse, hanches trop larges, présence de cellulite, ventre pas assez plat, bras fins et fermes, visage lisse comme une peau de bébé... On trouve de la chirurgie pour tout : seins, fesses, abdos, pectoraux pour les hommes, et même des injections de silicone dans les mamelons pour qu’ils restent continuellement fermes, chirurgies esthétiques des petites et grandes lèvres au niveau du sexe... Avec le Net, cela explose et donne l’illusion que tout est possible, que son corps est transformable pour atteindre une pseudo perfection. Les jeunes sont extrêmement influencés par cela, il n’est pas rare de voir des enfants de 8 ans demander dans sa lettre à Saint-Nicolas d’avoir des seins comme à la TV.”

Sournoise Obsession

Les complexes sont “ravageurs. Ils deviennent obsessionnels et envahissent les moindres recoins de votre esprit. En même temps, difficile de passer une journée sans voir une pub, un clip, une autre personne qui a ce que vous désirez. Notre vision des choses est complètement tronquée : on a l’impression que les autres sont plus heureux, plus désirables que nous.  S’ensuit une perte de confiance à différents niveaux. Dans l’intimité, cela va se traduire par cacher son corps ou la partie qui dérange : ne plus se dévêtir devant l’autre, aller se coucher en premier, mettre des vêtements de nuit dignes d’une combinaison de camouflage, avoir une activité sexuelle dans le noir, ne plus accepter d’être touchée ou caressée à certains endroits, abréger les préliminaires, pour éviter cette torture avec son corps. Pendant l’acte sexuel, la sensualité n’existe plus. L’envie est remplacée par la gêne. Le tout saupoudré de la peur que son partenaire aille voir ailleurs car nous ne lui plaisons plus. Le désir diminue. L’activité sexuelle devient source de dispute et d’incompréhension. Une recette des plus empoisonnée.”

Pour se sentir mieux

“Il faut avant tout désamorcer cette bombe en travaillant sur la gestion des angoisses et le manque de confiance en soi”, précise la sexologue. “Il est important de comprendre aussi si notre corps est réellement une impasse à notre développement personnel et si un changement est nécessaire pour redevenir bien dans sa peau et être heureux. Au niveau du couple, il ne suffit pas de claquer des doigts pour que la passion revienne. Il faut avant tout réapprendre à apprivoiser son corps, en prendre soin, se faire du bien et en découvrir ses multiples plaisirs par le massage (seul ou en couple), les soins du corps… Cette étape est des plus importante, qu’il y ait transformation corporelle par la chirurgie ou pas. Il est important aussi que son partenaire reçoive quelques conseils d’un spécialiste pour comprendre, savoir comment se comporter et approcher ce corps renaissant. La sexualité sera l’étape suivante; sans la première, il est presque impossible d’espérer faire sauter les barrières, même à la dynamite. Et si 2017 prônait l’absence de standard de beauté et l’importance d’aimer son corps quel qu’il soit pour une fois ?”