Le jeu libre est primordial pour la bonne santé psychique de l’enfant!

Avant les fêtes de Saint-Nicolas et de Noël, Nathalie Vancrayenest, spécialiste de l'enfance et coach parentale fait le point sur ce que le jeu apporte à l’enfant.

Nathalie Vancrayenest
Le jeu libre est primordial pour la bonne santé psychique de l’enfant!
©iStock - Getty Images

A quelques jours des fêtes de Saint-Nicolas et de Noël, il me semblait important de faire le point sur ce que le jeu apporte à l’enfant. Nathalie Vancrayenest, spécialiste de l'enfance et coach parentale fait le point sur ce que le jeu apporte à l’enfant.


Pour beaucoup de parents, le jeu devient vite une activité futile, secondaire qui n’a de place que quand l’enfant n’a plus rien d’autre à faire. Dans notre mode de fonctionnement où compétitivité et rentabilité sont les maîtres mots, le jeu est opposé au travail, à l’apprentissage. Les parents le veulent « éducatif » et utile.

Et pourtant, le jeu « libre » est primordial pour la bonne santé psychique de l’enfant au même titre qu’il est indispensable pour lui de manger, boire et dormir. Jouer est un droit inscrit dans la charte des droits de l’enfant.


Le jeu est essentiel pour le développement et l’épanouissement de l’enfant

Pour l’enfant le jeu n’est pas un amusement, le jeu c’est sérieux !

Avec le jeu, l’enfant apprend et appréhende le réel. Il permet à l’enfant de mettre des repères, de comprendre le monde dans lequel il vit.

Le jeu est essentiel pour construire sa personnalité, pour s’affirmer en tant qu’individu.

En jouant, l’enfant devient actif : il s’impose aux choses, il s’affirme, il teste différentes possibilités, il se confronte aux limites et à la frustration. En jouant, l’enfant décharge ses émotions.


Les étapes

Le bébé découvre son corps, ses limites et celles de l’autre par des jeux sensorimoteurs, et les interactions avec les adultes. Aucun jeu premier âge ne remplacera la magie de ces moments. Je ne connais pas de bébé qui s’esclaffe devant le dernier jeu à la mode comme avec un jeu de « coucou », ce jeu aux allures anodines, l’aide à se rassurer : les objets qui disparaissent de son champ visuel continuent d’exister. Avec ce jeu, il surmonte sa peur de voir disparaître sa mère, la joie et la surprise de la voir réapparaître. Il est plus serein quand il la voit s’en aller, il sait qu’elle reviendra.

Et la découverte de l’univers continue, entre 2 et 3 ans : les enfants s’inventent des histoires, ils se mettent en scène, se déguisent, ils imitent les gestes, les paroles des adultes. Les enfants jouent ce qu’ils vivent. C’est en jouant qu’ils interrogent ce qui leur arrive, ce qui les interpelle. Ils deviennent actifs, quand ils se sont sentis impuissants. Ils trouvent du courage là où ils ont eu peur. Ils exorcisent leurs peurs, leurs cauchemars dans leurs histoires, dans leurs récits « On disait que : c’était la guerre, qu’on était pauvre, qu’on était amoureux …… » ces récits, ces histoires sont l’expression de leur vie intime, une projection de leurs préoccupations.

Jusque 4 –5 ans, ils jouent de façon individuelle, à côté des autres, ils ne s’accordent pas encore entre eux.

Vers 7 ans, les enfants apprécient les jeux avec des règles. Ils apprennent à gérer leurs frustrations : devoir attendre son tour, perdre, gagner. Les jeux à règles véhiculent aussi un certain nombre de valeurs : fair-play, esprit d’équipe, coopération…. Les enfants apprennent que la règle s’applique à tous, petits et grands.

Quand ils sont adolescents, les jeux de rôle, les jeux vidéo permettent de se mettre en scène, d’extérioriser son trop-plein d’excitation, d’agressivité sans mettre les autres en danger.

>> Le jeu doit rester un jeu, pas question de pointer le manque de concentration, de s’impatienter, de tricher, d’attendre une performance de ses enfants, de laisser l’enfant gagner à tous les coups ! Les enfants ne sont pas dupes et ces « faux succès » leur renvoient une image d’eux-mêmes dévalorisée.

Le jeu s’arrête quand il humilie, détruit ou fait mal à l’autre et l’adulte est le garant de la sécurité.


Quel est le rôle de l’adulte ?

Pour jouer valablement l’enfant a besoin de se séparer de sa mère, de son père.

Le parent n’a pas besoin d’être le partenaire de jeu continuel. Etre présent et regarder l’enfant jouer peut être suffisant.

Si l’enfant en fait la demande, l’adulte se laissera guider par lui, il suit mais n’impose jamais, n’émet pas de jugement de valeur. Il veillera à ne pas intervenir, interrompre un jeu sauf en cas de danger.

Le jeu n’est jamais une perte de temps, ce temps de rien, ce temps de vide est riche en production et l’enfant en a besoin pour grandir, comprendre le monde et vivre sereinement.

Votre enfant ne vous parle pas de ce qu’il vit, regardez-le jouer, vous appendrez beaucoup de choses sur ce qu’il ressent, pense et vit au quotidien.

Le jeu est bon pour tout le monde, c’est un moyen formidable de se connecter à eux, quel que soit leur âge !


Recommandations au Grand Saint-Nicolas et au Père Noël

Saint-Nicolas, Père Noël, dans les lettres de nos petits, vous trouverez beaucoup d’exigences, elles sont dictées par la publicité et les catalogues des magasins, pas par leur bien-être. N’ayez pas peur de leur faire des surprises !

Les jouets sont le reflet de notre culture, de notre société, mais de grâce que vos jouets ne figent pas les enfants dans des rôles et stéréotypes, que vos joujoux soient les plus simples et neutres que possible, qu’ils permettent aux enfants de s’approprier le monde et de le construire.

Saint-Nicolas, Père Noël, le bon jouet est celui qui autorise l’enfant à faire semblant « comme si » et qui ne le conditionne pas à appuyer sur un bouton.

En choisissant les joujoux, pensez que le jeu aidera l’enfant à développer ses habilités à la base de son apprentissage de la lecture, de l’écriture, des mathématiques. Le jeu sera un terrain de socialisation sécurisant. Il lui permettra de comprendre et d’appréhender les autres, de négocier et de communiquer avec eux. Il stimulera sa créativité, son imagination. Il l’aidera à résoudre les problèmes qu’il rencontre. Il sera pour lui le vecteur pour exprimer son stress, son agressivité, ses conflits et ses dilemmes.


Quand l’enfant a trop de jeux

Quand l’enfant est face à une trop grande abondance de jeux et jouets, il ne peut pas rentrer en relation avec eux. Il n’arrive pas à créer d’activité ludique, il se disperse au risque de passer pour un enfant blasé, trop gâté !

Si c’est le cas de votre enfant, laissez-lui 2, 3 jeux, le temps pour lui de les découvrir et les investir et puis alternez et renouvelez l’offre.

Jouer, c’est grandir, c’est intégrer le monde et y trouver sa place !


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