Fini le politiquement incorrect "Troisième âge". 

La formule est celle d’un coiffeur de stars, coloriste réputé sur la place de Paris, Christophe Robin. Les plus grandes lui confient leurs cheveux, de Catherine Deneuve à Andie MacDowell, en passant par Fanny Ardant, Emmanuelle Béart ou Céline Dion. Pour lui, "la femme de 60 ans en 2017 ? C’est celle de 45 ans il y a vingt ans !" La preuve en a été faite, ces dernières semaines, avec l’arrivée à l’Elysée d’une sexagénaire aussi dynamique que séduisante : Brigitte Macron, l’épouse du frais émoulu président français.

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Soixante ans, le bel âge ? Bien sûr. Et toujours l’âge de se sentir belle, désirée, active. Vivante, quoi. Dans le livre qu’elle leur consacre, Denise Bombardier en fait des femmes libérées, héritières des féministes des années 60. Professionnellement accomplies, décomplexées et expertes, les sexagénaires d’aujourd’hui assument leur âge et l’expérience que celui-ci leur a conférée.

Les responsables du marketing des grosses boîtes comme L’Oréal l’ont bien compris, qui proposent à ces sexy sexa des gammes adaptées, notamment à leur porte-monnaie. Puisqu’en plus, elles ont un pouvoir d’achat souvent supérieur à leurs filles, voire leurs petites-filles.

La presse aussi, a vu là une manne de lectrices qui ne se retrouve pas (plus ?) dans les publications par trop légères, où se succèdent pages de pub mais peu de contenu. Ainsi Serengo, lancé voici deux ans à destination des femmes de 50 ans et plus, et qui propose des sujets - "Quel maillot de bain choisir ?", "Comment télécharger des films légalement ?" - vraiment en phase avec des lectrices.

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Et de rappeler, comme pour s’en convaincre, qu’on peut être au top en entrant dans ce que l’on nommait encore jusqu’il y a peu (et en se bouchant le nez) le Troisième âge. Regardez Sharon Stone (59 ans), Emma Thompson (58), Andie MacDowell (59), Isabelle Adjani (61), Carole Bouquet (59)… Ou Yazemeenah Rossi, mannequin française expatriée depuis de longues années à Malibu et qui, à 61 ans, a été choisie pour mener campagne pour les maillots de bain de la marque de lingerie américaine Land of Women.

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Ou encore Melissa55, YouToubeuse de 62 ans, qui en paraît 20 de moins et qui, pourtant - promis, juré - n’a jamais eu recours au Botox. Aux États-Unis, c’est une véritable star.

Professeur de neuropsychiatrie à l’Université de Groningen, aux Pays-Bas, André Aléman, a beaucoup étudié les comportements et le "fonctionnement" des sexagénaires. "Quand la pensée est plus lente, et cela s’amorce dès 20 ans, la flexibilité mentale diminue, ce qui complique notre capacité à changer d’opinion…", expliquait-il récemment au magazine Notre Temps. "Mais en vieillissant, nous gagnons à l’évidence en sagesse et en bon sens. Nous avons engrangé une somme de connaissances et de compétences. À la lumière de ces expériences, nous avons une meilleure intelligence des conflits et nous les gérons mieux. Nous sommes plus équilibrés, nous résistons mieux aux sentiments négatifs, nous sommes généralement moins irritables. Nous relativisons les événements difficiles en les réinterprétant, nous savons mieux ce qui nous rend heureux. Moins impulsifs, nous faisons de meilleurs choix."

Pour le psychologue Olivier de Ladoucette, qui officie à Paris, l’essentiel, à soixante ans, est de "donner un sens à sa vie". Pour y arriver en étant bien dans sa peau, il n’y a pas de remède miracle, mais "du sport au moins trois fois par semaine et une alimentation équilibrée : c’est la base." Mais ce n’est pas tout : selon lui, valoriser la vie relationnelle est également de la plus haute importance. Idem pour la vie associative. "Les deux sont souvent liées", souligne-t-il d’ailleurs.

Se faire plaisir, enfin, semble également faire partie des privilèges apportés par le temps qui passe. Voyages - comme la croisière rocambolesque du livre de Denise Bombardier -, sorties entre copines, restos, rencontres, cours de yoga ou jardinage : tout est bon pourvu que ça fasse du bien.