À chaque rencontre avec un intrus, le système immunitaire module son activité pour l’éliminer efficacement. "C’est cette réaction que l’on recherche avec les vaccins. Ils amplifient la réponse immunitaire", dit le Pr Gérard Eberl.

L’activité physique a un effet prouvé. Les défenses immunitaires sont renforcées par l’entraînement physique. En effet, l’activité physique augmente le nombre de globules blancs dans le sang et améliore leurs fonctions. Mais leur concentration baisse 24 heures après l’effort. Pour tirer bénéfice de l’activité physique, il faut donc que la pratique soit régulière. Et de fait, les personnes actives ont environ 50 % moins d’infections respiratoires que les inactifs. L’activité physique régulière est même suffisante pour contrer les effets de l’âge : l’affaiblissement du système immunitaire est plus lent chez les seniors actifs comparé aux personnes âgées sédentaires. "En outre, l’activité physique permet de lutter contre le stress, et inhibe la production du cortisol. Or, l’hormone du stress est connue pour fragiliser le système immunitaire". Mais attention à ne pas en faire trop, car une pratique trop intense émousse aussi le système immunitaire. Les grands sportifs et les athlètes de haut niveau seraient plus sensibles aux infections virales.

L’alimentation joue un rôle important. Il est établi que les personnes ayant une alimentation variée et équilibrée de type méditerranéen sont mieux préparées à affronter les infections hivernales. La consom­mation en fruits et en légumes, oléagineux et céréales apporte les vitamines et les oligoéléments essentiels au système immunitaire (vitamines A, E et C, zinc, sélénium) mais aussi des fibres alimentaires. Ces dernières sont dites immunostimulantes car elles permettent au microbiote intestinal de fabriquer des acides gras à chaîne courte capables de moduler le système immunitaire.

Les compléments alimentaires ont un effet modeste et incertain. On entend souvent dire que la vitamine C, le zinc, la propolis, l’échinacée ou les probiotiques stimulent nos défenses immunitaires. Des études suggèrent qu’ils pourraient diminuer la durée du rhume et/ou sa sévérité. L’effet reste très modeste. Et ces résultats doivent encore être confirmés car les études sont géné­ralement réalisées en laboratoire, chez des souris ou auprès d’un faible nombre de patients. Il est donc excessif de dire que ces compléments alimentaires ou ces plantes peuvent booster l’immunité.

Certaines plantes peuvent le perturber !

Saule, reine-des-prés, harpagophytum, curcuma, échinacée… ces plantes ont des propriétés anti-inflammatoires. Or, selon l’Agence nationale de sécurité alimentaire (Anses), elles pourraient perturber l’action du système immunitaire pour combattre les virus. En effet, les réactions inflammatoires au début d’une infection sont bénéfiques. Ainsi, l’Anses recommande de "suspendre immédiatement la consommation de compléments alimentaires contenant ces plantes dès l’apparition des premiers symptômes du Covid-19". Si vous utilisez ces plantes car vous souffrez d’une maladie chronique inflammatoire, parlez-en à votre médecin.