Love & Sex Les fantasmes donnent des indices sur la personnalité. Ils peuvent être très différents tout comme les personnalités.


Le psychologue, spécialiste en sexualité et chercheur à la Kinsey Institut aux États-Unis Justin L.Lehmiller a sorti un nouveau livre intitulé Tell me what you want (Dis moi ce que tu veux NdlR) révélant que nos fantasmes en disent long sur notre personnalité et inversement. Pour réaliser ce bouquin, il lui a fallu mener une enquête de deux ans et poser plus de 350 questions à 4.000 Américains. Pour obtenir un échantillon varié, Justin L. Lehmiller a sélectionné des répondants ayant des orientations sexuelles variées et des tendances politique et religieuse différentes.

Les conclusions sont intéressantes. "Nos fantasmes semblent riches en enseignements sur notre moi profond et la phase de notre vie dans laquelle nous nous trouvons", a déclaré Justin J. Lehmiller au HuffPost.

Son étude révèle que les personnes extraverties, sociables et ouvertes d’esprit souhaitent que la notion de partage soit présente dans leur vie intime. Elles sont tentées par des rapports à plusieurs, des pratiques polygames ou encore l’échangisme. "Les gens les plus ouverts d’esprit, d’une nature curieuse et imaginative, sont aussi les plus flexibles dans leur rapport à l’érotisme. Ils peuvent être attirés par toutes sortes de pratiques, des plus habituelles aux plus osées. Cette tendance à essayer des choses nouvelles au quotidien se retrouve aussi dans leur imaginaire sexuel", explique l’auteur.

Pour les introvertis, il ressort qu’ils sont souvent attirés par des activités sexuelles "tabous". "C’est peut-être parce qu’ils ont plus de difficultés à définir clairement à quel type de rapports ils aspirent dans la sphère intime, ce qui nourrit leur tendance à voir se créer des envies plus inhabituelles." Concernant les personnes généreuses, elles le sont également au lit. Elles aiment prendre soin de leur partenaire. "L’idée du plaisir partagé est récurrente." Les généreux ne sont pas excités par des rapports sans amour, ni par l’exploration des "interdits".

À propos des consciencieux, il apparaît qu’ils aiment planifier leur rapport et aiment particulièrement ceux dits "conventionnels". "Leur capacité à faire attention à tout se retrouve dans leurs fantasmes, par exemple avec une plus grande attention au cadre. Elles sont aussi plus sensibles à la norme, moins tentées par exemple par le sadomasochisme ou les pratiques moins socialement acceptées", ajoute Justin J.Lehmiller.

Et pour terminer, les personnes ayant du mal à gérer leurs émotions aiment que l’acte sexuel soit apaisant et riche en émotion. Elles ne sont pas attirées par l’innovation. Sortir de leur cadre habituel les angoisserait trop. Elles ont souvent peur de leur réaction.

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Fantasmer sans culpabiliser

Au-delà des traits de personnalité associés aux fantasmes, ce livre est un bon moyen de faire passer le message que le fantasme n’est pas quelque chose de mal. "Fantasmer, c’est donc être humain", précise l’auteur. Les sociologues ont en effet observé que "les fantasmes sexuels vont de pair avec les sentiments de culpabilité et d’angoisse. De manière anecdotique, j’ai également observé cela chez les lecteurs de mon site Web, Sex and Psychology."

Durant des siècles, les autorités politiques, religieuses et médicales américaines ont fait savoir que ce qui était acceptable en matière de désir sexuel était très étroit. "Ils nous ont à peu près dit que nous ne devrions rien faire d’autre que mettre un pénis dans un vagin et que même, idéalement, les rapports ne devraient avoir lieu que dans les limites d’un mariage hétérosexuel et monogame. Les désirs pour toute autre activité sexuelle ont été jugés non naturels, immoraux et malsains - et nous avons été dissuadés d’agir, menacés de poursuites pénales et de représailles divines." L’auteur de Tell me what you want, Justin J. Lehmiller souhaite déconstruire ces fausses idées en proposant aux lecteurs de comprendre leurs propres désirs sexuels et permettre aux couples d’améliorer leurs relations sexuelles en supprimant l’obstacle de la discussion des fantasmes.