Le professeur Michel Lejoyeux propose, dans Les 4 saisons de la bonne humeur, des recettes simples pour retrouver le sourire

Être en forme et de bonne humeur toute l’année, une douce utopie ? Pas du tout d’après le professeur (de psychiatrie) Michel Lejoyeux, qui vient de publier, chez Lattès, Les quatre saisons de la bonne humeur. Soit un guide (très) pratique, qui recense mille et une manières de se faire du bien et d’avoir le sourire aux lèvres, même quand la nuit tombe à 16h et que le mercure flirte avec les moins dix.

"Ce livre est très lié à mes consultations. Une fois sur deux, quand je reçois des patients qui se disent déprimés, je ne donne pas de médicament, je ne fais pas de thérapie compliquée mais je propose quelques petits changements dans le mode de vie, qui vont suffire. On a l’habitude de cela dans d’autres champs de la médecine, comme la cardiologie. Moins dans celui de la psy."


Pourquoi ?

"Parce que grâce à des recherches toutes récentes, on a découvert beaucoup de choses sur le fonctionnement du cerveau. Grâce à l’IRM cérébrale, par exemple, on sait ce qui se passe quand on mange, quand on agit. Ce qui pouvait passer pour des recettes de grand-mère peut, aujourd’hui, être validé au plan scientifique."

Donc, vous confirmez, l’huile de foie de morue, c’est mauvais… mais c’est bon ?

"C’est bon pour les neurones. On a, au centre du cerveau, des neurones qui portent les émotions. Ils vont être d’autant plus actifs qu’ils ne manquent pas de vitamine D. La bonne humeur, ça ne tombe pas du ciel : c’est aussi quand on a un cerveau en bon état de fonctionnement."

La bonne humeur, si elle n’est pas quantifiable, est donc modifiable ?

"Absolument. C’est tout neuf et c’est très optimiste. Ce qui nous apparaissait comme une fatalité psychologique, avec le temps, l’économie, la politique, est en fait une chose pour laquelle on va pouvoir développer une forme de résilience."

Et vous donnez des exemples très concrets !

"Prenons-en un : notre cerveau a besoin de sérotonine pour être de bonne humeur. Mais il ne sait pas la fabriquer : c’est l’intestin qui le fait et qui envoie au cerveau les bonnes molécules. Plus on fait travailler la flore intestinale, plus on en produit. Certains aliments, comme les cornichons ou la choucroute, aident à cela. En revanche, les sodas, en grande quantité, ont un effet dépresseur."

Vous dites également dans ce livre que quand la pollution est en hausse, le moral est en baisse…

"Oui, la pollution a un effet inflammatoire sur les neurones. Ca vient d’une étude japonaise, qui a trouvé un lien entre les pics de pollution et les fréquences de déprime."

Et enfin, fumer… déprime !

"Oui ! C’est vraiment l’exemple du faux ami. Vous prenez une cigarette, ça vous détend un peu. Mais cette détente immédiate est suivie plutôt d’une tension à long terme. C’est vrai aussi avec la consommation d’alcool."