Julie Arcoulin, spécialiste en développement personnel a rejoint l'équipe de nos chroniqueurs. Dans sa contribution de la semaine, elle avance des pistes pour mieux vivre la situation inédite et source d'angoisse pour nombre d'entre nous en ces jours d'alerte terroriste.


Depuis samedi, le climat est tendu. C’est le moins que l’on puisse dire. Je voudrais commencer en rappelant à chacun que respecter les consignes de sécurité mises en place me semble un devoir citoyen, j’insiste. Mais cela ne signifie pas que nous devons nous enfermer chez nous, faire des provisions de guerre et commencer à rationner nos portions ! Respecter les consignes oui, mais ne pas s’enfermer dedans et céder à la panique.

Aussi vous dire qu’il est normal d’avoir peur. La peur est un réflexe instinctif face au danger ! Je le répète. Donc, ne plongez pas de manière excessive dans le « si on a peur, ils ont gagné ». Quand un danger nous menace, notre réaction est la peur. Et dans beaucoup de cas, elle nous sauve ou nous évite des situations dangereuses. Peut-être même est-ce ce qui nous différencie des individus prêts à faire exploser leur vie. Il y a simplement un équilibre a trouvé entre peur, inconscience et désir de vie normale.


Voici quelques pistes pour que la vie garde ses couleurs, même si elles sont un peu ternies


  • Être reconnaissant:

Ces derniers jours nous privent un peu de certaines des libertés que l’on connaît. N’est-ce pas le moment idéal pour se rendre compte de la chance que l’on a ? En temps normal, nous pouvons sortir, nous amuser, danser, lire, aller à l’école, s’informer, voyager, bouger, rire, boire, manger sans que cela soit régi par des règles dictées par qui que ce soit. Ce n’est pas le cas partout sur la planète. Soyons reconnaissant pour la chance que nous avons ! Même si nous devons lâcher du leste pour le moment ! C’est vrai que voir 2 militaires armés devant le magasin où je fais habituellement mes courses m’a fait un drôle d’effet, mais la seconde d’après je me suis dit que nous avions de la chance de pouvoir être protégés ainsi. Soyons aussi reconnaissant pour cela, même si cela nous effraye un peu.


  • Attirer délibérément notre attention sur le positif, ou choisir ce sur quoi nous portons notre attention :

Difficile me direz-vous, la tentation de laisser la télévision ou la radio allumée tout le temps est grande. Nous avons envie, besoin d’être informés. Mais les reportages tournent en boucle. Il faut s’informer évidemment. Mais choisissez les moments de la journée. Et s’il y a du nouveau, rallumez le poste. Mais mettez autre chose dans vos têtes, sinon il y a de quoi devenir vraiment fou.

Florence Servan-Schreiber, dans son livre « 3 kifs par jour », nous invite chaque jour à prendre quelques minutes pour se demander quels ont été nos 3 kifs de la journée. Voilà une bonne façon de défocaliser notre attention de la tension ambiante et de se faire un peu de bien. Cuisiner, lire, être au chaud, allumer une bougie, discuter avec un ami, être au près de sa famille, regarder un bon film, boire un bon verre de vin, une tasse de thé,… La moindre petite chose est bonne à prendre ! En fin de journée, prenez un moement pour lister vos kifs du jour et partager les! En famille, entre amis, avec vos collègues, vous allez voir que partager vos kifs les décuplent !


  • Etre proche de ses proches :

Appelez-les, discutez avec eux, organisez des soirées jeux de société ou pizza. Surtout ne faites pas de tout ce qu’il se passe ces jours-ci un sujet tabou. Parlez de ce que vous ressentez, vos inquiétudes, vos peurs. Mais essayez aussi de voir tout ce qui va bien. Savourez les moments passés ensemble. Je suis persuadée que dans ce genre de contexte, le lien social et avec lui le sentiment d’appartenance peuvent nous aider à nous sentir fort, en sécurité et à nous apaiser un peu. Cela ne coûte rien, c’est facile ! Alors faites-le…

Si je devais résumer ces 3 pistes, je dirais : reconnaissance – optimisme – partage ! De tous temps, le monde a connu des périodes baignées dans les tensions, la crainte et la violence. Gardez à l’esprit que tout n’est que passager et temporaire.


Et notre droit au bonheur et à la vie normale dans tout ça ?


Dans ces moments-là, encore plus que quand tout va bien, le bonheur peut nous sembler très abstrait, très vide et très venteux. D’abord, permettez-moi de vous rappeler que le bonheur est un état constant, mais dont le niveau peut varier sans pour autant déserter complètement et définitivement nos vies. Voyez-le comme quelque chose d’acquis, qui est là de toutes façons mais qui connaît des variations. Le bonheur c’est un peu comme le soleil, même derrière les nuages, il est là. Ce qui va l’influencer c’est la manière dont on va réagir à ce qui nous arrive, la manière dont on va le cultiver, le soigner, le nourrir, le chérir. Le bonheur n’est pas quelque chose qu’on atteint, le bonheur est. En partant de ce principe là, vous saurez que vous pouvez compter dessus et qu’il est accessible à tout instant. Même quand le malaise et la peur nous tiraillent l’esprit.

Depuis samedi, nos vies et nos habitudes sont un peu bousculées. Voyez cela comme une occasion de sortir des habitudes, de réinventer le quotidien, de trouver chez soi et en soi ce que l’on part souvent chercher ailleurs. La manière dont vous vivez ces jours de vigilance dépend du regard que vous portez sur ce qu’il faut adapter… Il ne s’agit pas de faire l’autruche, bien au contraire. Nous pouvons être tout à fait conscient de ce qu’il se passe tout en adaptant ses habitudes en gardant le sourire. Si vous trouvez cela difficile, ça l’est d’une certaine manière, essayez au moins… Qui sait, ça va peut-être vous aider ;o) !


Des conseils sur www.juliearcoulin.com