Le concept de friluftsliv (prononcé "free-loofts-liv"), peut se traduire par "vivre en plein air". Véritable art de vivre, ce mode de vie est profondément ancré dans le patrimoine du pays. Synonyme d'engagement à célébrer le temps en plein air, et ce quelles que soient les prévisions météorologiques, ce concept norvégien pourrait bien aider les plus déprimés d'entre nous. Tel le "hygge" danois, pour lequel l'engouement avait été immédiat, ce nouveau concept va-t-il changer notre façon de vivre en hiver ?

Ce terme aurait été inventé par le dramaturge norvégien Henrik Ibsen. Il apparaît en effet dans son poème, "Sur les hauteurs" datant de 1859, qui raconte le périple d'un fermier à travers la nature sauvage pendant un an. À la fin du poème, le protagoniste abandonne la civilisation pour de bon.

Un art de vivre

Pour Lasse Heimdal, secrétaire général de l'organisation Norsk Friluftsliv, le concept représente plus qu'une simple activité de détente. "C'est une sorte de mode de vie", déclare-t-il à National Geographic. "C'est très lié à notre culture et à ce que signifie être Norvégien".

Son organisation représente près de 5 000 groupes se réunissant pour des activités en plein air, en Norvège. Car ce terme regroupe en fait de nombreuses activités : des longues promenades avec des amis, aux pique-niques, en passant par les promenades à vélo l'après-midi. Il existe même un mot spécial, utepils, pour désigner le fait de boire une bière en plein air.

"La plupart des gens pensent que c'est sain, que c'est social", dit Heimdal. "Vous avez peu de répit avec les téléphones portables et les ordinateurs... Etre à l'extérieur et dans la nature, c'est l'un des meilleurs endroits pour se détendre", conclut-il.

La clé du bonheur ?

Le Friluftsliv pourrait en partie expliquer la bonne place de la Norvège, 5ème dans le rapport des Nations Unies sur le bonheur dans le monde. Les scientifiques l'ont en effet prouvé à plusieurs reprises : être à l'extérieur rend bel et bien heureux. Passer seulement deux heures par semaine dans des espaces verts augmenterait le bien-être, affirmait une étude parue dans la revue Nature en 2019. Et si on se mettait au vert ?