Comment va ? Et la santé ? Et les enfants ? A lire les résultats du premier baromètre "Confiance et Bien-être" de la mutualité Solidaris, les francophones ont le moral dans les talons. Et on ne peut même pas dire qu’ils sont influencés par les attentats de Paris et la récente alerte 4 sur Bruxelles puisque les 1 000 Wallons et Bruxellois sondés ont été interrogés en septembre…

Les 197 questions posées à chacun balayaient à la fois la santé physique, la santé psychique, les conditions objectives de vie (le logement, la sécurité d’emploi…), les relations avec les proches, la projection dans la futur et le rapport à la société.

"Comme si la société avait disparu"

L’indice global, qui affiche un piètre 56,5 (sur une échelle de 1 à 100), cache des disparités très fortes au sein de la population. Ceux qui ont un haut niveau d’études (type long ou supérieur) culminent à 62 là où les personnes faiblement scolarisées (études primaires) plafonnent à 50,8. Une confirmation que le bien-être est proportionnel au niveau d’éducation.

Quel que soit l’indice, les résultats sont loin d’être folichons. Mais ce qui plombe la moyenne, dans tous les profils sociodémographiques, c’est le rapport à la société et à la citoyenneté qui fait un score d’à peine 32,5.

Perception fataliste et très négative

De quoi s’agit-il ? Du sentiment d’être écouté par les décideurs, d’être respecté et traité équitablement, de s’engager comme citoyen, de ne pas percevoir de menaces… Le constat est édifiant, dit-on chez Solidaris : "Les individus se retrouvent seuls, sans appartenance… Tout se passe comme si la société avait disparu."

Les francophones ont ainsi une perception fataliste et très négative de l’avenir des mécanismes de protection individuelle : 72 % d’entre eux estiment que "l’Etat et la sécurité sociale vont nous protéger de moins en moins pour payer nos soins de santé, nos pensions, le chômage, etc."

En matière de confiance, les décideurs et les institutions en prennent pour leur grade : la moitié des sondés n’ont pas le sentiment d’être écoutés et pris en compte, ni que la démocratie fonctionne vraiment bien.

S’agissant des acteurs "qui tentent d’améliorer votre qualité de vie", les politiques (les gouvernements comme les partis) sont les plus mal jugés (15 % d’avis favorables). Les religieux, représentants des églises, des mosquées… (17,9 %), les banques (19,1 %), les grandes entreprises (21,6 %) ne s’en tirent guère mieux. A l’autre bout du spectre, la famille, le médecin généraliste et les amis sont cités par 75 % comme véritables soutiens.

Pour les trois quarts des Wallons et Bruxellois, le système économique et financier est une source d’angoisse. Les sondés disent dans les mêmes proportions être très inquiets pour l’avenir de leurs (petits-)enfants.

Autre sentiment partagé par 71,5 % des sondés : les gens ont de moins en moins envie de vivre ensemble (musulmans/chrétiens, néerlandophones/francophones, Belges/immigrés…)

Seule petite touche positive : près de la moitié des citoyens ont le sentiment de contribuer à des causes qui leur tiennent à cœur : lutter contre les injustices sociales, le racisme ou la faim dans le monde. Allez, ça ne va pas si mal que ça.