Pendant neuf mois, la femme voit son corps se transformer et sa sexualité changer. "Le désir diminue lors du premier trimestre, essentiellement à cause des difficultés physiques vécues par la mère (nausées, vomissements, fatigue, etc.). Cette baisse se poursuit souvent lors du deuxième trimestre pour culminer au troisième lors duquel les rapports peuvent devenir physiquement difficiles pour certains. Ces tendances n’empêchent néanmoins pas la sexualité et ne s’appliquent pas identiquement à tout le monde", explique Jérémy Royaux, psychothérapeute.

Cette période spéciale modifie aussi la libido des hommes. Certains craignent d’avoir des rapports intimes avec leur compagne enceinte. "Il y a la peur de nuire à l’enfant, surtout quand la naissance approche. Il y a également des changements de l’image de soi et de l’image de l’autre qui peuvent être perturbants à ce niveau. Devenir parent, c’est un changement d’identité important", développe-t-il.

Dans ce contexte, chacun doit faire face à ses propres angoisses. Souvent, les futurs pères ont des difficultés à combiner l’image de la mère avec l’image de l’amante. "D’autres encore ont peur de ne pas être de bons parents, de reproduire certaines choses de leur passé ou de ne plus arriver à vivre la sexualité qu’ils ont vécue jusque là à cause de la présence de l’enfant. Ils sont également inquiets quant à leur capacité à créer un lien affectif avec l’enfant", poursuit le psy.

Lorsque l'on attend un heureux événement, il est essentiel de ne pas s’inquiéter et surtout de communiquer. “Il faut se rappeler que c’est une période de transition et que la sexualité ne s’arrête pas pour autant mais qu’elle sera une histoire de compromis entre les difficultés et les envies de chacun. L’homme et la femme ont besoin de trouver une place pour leur identité de parents sans pour autant mettre fin à une relation d’amants qui vivent encore un désir réciproque. Il importe également de rester soudés, de ne pas se laisser démonter par les difficultés de ce projet commun qui peut se révéler plus difficile que ce que l’on imaginait", conseille M .Royaux.

Revisiter le kamasutra 

A partir du deuxième trimestre, le corps féminin s'arrondit et sa propriétaire peut éprouver des difficultés à se mouvoir lors de l'acte sexuel. Heureusement, il existe quelques positions adaptées à la grossesse. 

Les petites cuillères. C’est la position idéale à adopter pendant les 9 mois. La femme est couchée sur le côté, le dos contre le ventre de l'homme. Elle peut se nicher contre lui. 

La courtisane. La femme est assise sur le bord du lit, écarte les jambes face à l’homme à genoux devant elle.

L’enclume. La femme est couchée sur le dos et pose ses pieds sur les épaules de son conjoint, agenouillé devant elle.

L’amazone. La femme est assise sur son partenaire, les deux jambes mises sur le même côté.

L’andromaque. Variante de l’amazone, la femme est assise sur l'homme, une jambe de chaque côté.

Le coquillage. La femme est couchée sur le dos, l’homme est assis, face à elle. Les jambes de la femme s’enroulent autour du buste de l’homme.

La cavalière inversée. L’homme est couché sur le dos, la femme est assise sur lui, en lui tournant le dos.

Au troisième trimestre, si la future maman est trop fatiguée, les deux conjoints peuvent avoir recours au sexe oral. La masturbation mutuelle et le cunnilingus seront fort appréciés à la fin de la gestation.