On n’attaque pas de la même façon sa graisse selon son emplacement. Explications avec Laurence Plumey, nutritionniste.

La chasse au gras, c’est quand même un sacré défi. Mais “tout a une raison d’être, et par pitié, arrêtons de culpabiliser les femmes pour quelques rondeurs !”, assène le docteur Laurence Plumey, médecin nutritionniste auteure d’un livre très complet, plein d'infos innovantes et en même tmeps lisible pour le grand public sur “Le monde merveilleux du gras – Tout sur ces rondeurs qui nous habitent” (Ed. Eyrolles). Le gras concerne “25 % du poids du corps chez une femme et 15 à 20 % chez un homme. Cela s’explique par le fait que les femmes portent les enfants, elles ont donc une réserve d’énergie plus importante, c’est un système prévu pour la survie de l’espèce”, explique la nutritionniste.

La culotte de cheval

Chez les femmes, on rencontre plus souvent de la graisse au niveau des cuisses. Cette graisse a des racines génétiques, “Elle apparaît de façon plus commune chez les Grecques, les Espagnoles, les Italiennes, les femmes du Maghreb”. Le tissu des cuisses est en plus très sensible aux hormones sexuelles, tout comme le tissu mammaire. Il y a donc “poitrine voluptueuse et cuisses développées qui s’accompagne souvent de cellulite, et une taille qui reste fine”, décrit le docteur. Ce type de graisse possède aussi une faculté à la rétention d’eau : on gonfle et on se sent “grosse”. “Il faut à tout prix éviter de comprimer la taille sinon c’est jambes lourdes assurées en fin de journée”. Autre conseil du docteur Plumey : ne pas rester des heures au soleil et boire des tisanes diurétiques (queue de cerise notamment) qui aident bien à drainer.

Bonne nouvelle, ce type de graisse n’est pas dangereux pour la santé. “Il se pourrait bien que cette graisse sous-cutanée puisse nous protéger en captant de la graisse qui serait nocive pour d’autres organes”. Mauvaise nouvelle, elle est très peu sensible au régime. Alors il faut bouger bouger bouger pour activer le retour veineux, fuir la sédentarité, manger évidemment équilibré… et masser : les sports dans l’eau aident bien. “Les techniques endermo, le palper-rouler, le remodelage donnent de bons résultats”.. Et puis, “S’il y a un gros problème de dysmorphophobie, on peut passer par des techniques chirurgicales pour enlever les amas graisseux”.

Le bourrelet

Autre “gras” autre profil : la graisse sous-cutanée abdominale, c’est le fameux bourrelet mou, pas dangereux mais premier témoin d’une certaine sédentarité et d’une suralimentation… “Entre 20 et 80 ans, on perd la moitié de sa masse musculaire et on augmente d’environ 25 à 30 % sa masse grasse”. A ces emplacements, la graisse est peu innervée, peu vascularisée et peu réactive. Si on bouge bien si on mange bien “ça va, on peut le contenir, mais si on mange n’importe comment et qu’on est sédentaire… Là, les adipocytes vont recruter et se multiplier par… 15”. Mais attention, alerte le Dr Plumey : “si on essaye de se libérer d’un bourrelet par un régime sévère, on va déséquilibrer son métabolisme”. Résultat perte de muscles avant tout et effet yoyo. Comptez sur du bon sens : 2000 calories par jour pour les femmes, 2500 pour les hommes, pas de grignotage et “soyez réactif, cela partira plus facilement.”

Le gras profond

Enfin, il y a la graisse profonde, qui entoure nos viscères. Cette graisse-là qui arrive” après le bourrelet relâche des acides gras en grande quantité dans le sang. Corollaire : diabète, mauvais cholestérol, hypertension,… C’est un méchant gras mais il y a une bonne nouvelle : elle est très réactive au régime et à l’activité physique ! Dès que l’on change d’alimentation, que l’on mange moins, cela se ressent vite : les gros adipocytes fondent (mais pour se refaire aussi vite dès que des lipides arrivent en quantité). Le profil de ceux qui ont une telle graisse en excès : les hommes en surpoids au ventre bien rebondi et fort dur car la graisse repousse la musculature abdominale. On parle alors d’obésité “de type androïde”. Qui peut aussi concerner les femmes ménopausées, question d’hormones…