Naze, cuit, fourbu, rompu, crevé, li-qui-dé, totalement vanné, complètement claqué, cané, out, K.O., flagada, flapi, brisé, épuisé, exténué, en miette, à terre, au bout, au fond, dans le cirage, dans le gaz ou dans le coaltar, mort… Les mots et expressions pour exprimer sa fatigue sont légion, drôles même parfois. Mais la sensation, elle, l’est moins. Et, de plus en plus nombreux semblent être celles et ceux qui s’en plaignent.

La fatigue est "la" plainte du XXIe siècle. Et ce n’est plus une question d’âge; il n’est pas rare, de nos jours, d’entendre des jeunes à l’aube de leur vingtaine, se plaindre régulièrement d’être fatigué. "Je suis en dépôt de bilan", voilà ce qu’a répondu cette jeune fille, à son père, le Dr Yves Djian, qui l’interrogeait sur sa "petite mine et sa pas grande forme".

Ce médecin généraliste français était récemment l’un des intervenants invités par les laboratoires Arkopharma, à l’occasion du lancement d’Arkovital Pure Energy, le premier multivitamines 100 % d’origine végétale. "On observe une augmentation croissante des consultations liées à la fatigue et au manque d’énergie, quelles qu’en soient les origines. Parmi les maux quotidiens, la fatigue tient une place importante et figure dans le top 10 des problèmes soulevés par les patients", constate le médecin français.

De passage ou pathologique

La fatigue est un symptôme subjectif; son évaluation est difficile et complexe, d’intensité non mesurable. Elle touche tous les âges et tous les milieux socio-professionnels. On distingue, d’une part, la fatigue ponctuelle, qui est une diminution physiologique des performances physiques et/ou cognitives, réversible avec le repos et, d’autre part, la fatigue "en continu", qui est une fatigue pathologique durable, sans cause immédiate et peu réversible au repos. On parle de fatigue chronique lorsqu’elle se prolonge au-delà de six mois.

Les causes sont multifactorielles, physiques (liées à des maladies) ou psychiques (anxiété) et/ou réactionnelles (stress, troubles du sommeil…). Hors de tout contexte pathologique, les fatigues réactionnelles sont liées au surmenage : professionnel (burn out), familial (contraintes domestiques, enfants…), au manque de sommeil, aux erreurs diététiques, au surentraînement, mais aussi, qu’on se le dise, à une trop grande sédentarité.

Retrouver son énergie par le point d’acupuncture crânien Paé-Roé

Si l’on s’en réfère aux causes évoquées par ailleurs, travailler moins, dormir plus, manger mieux et bouger davantage seraient assez logiquement quelques premiers réflexes de simple bon sens à adopter.

Avec, en plus, un petit coup de pouce vitaminé, qu’il soit d’origine végétale ou non, comment donc renouer avec la vitalité ? Convaincus que la fatigue n’est pas une fatalité, le Dr Maurice Tran Dinh Can, médecin acupuncteur, et Juliette Jarre nous livrent leurs clés pour y arriver dans "Comment retrouver toute son énergie" (Editions du Rocher, 12,90 €).

Pour commencer, l’auteur invite le lecteur à faire un petit test qui va lui permettre de procéder à une introspection. "Lorsque vous vous levez le matin, avez-vous du mal à entendre votre réveil ? Emergez-vous difficilement, avec le sentiment de n’avoir pas votre compte de sommeil ?" Mais aussi des questions sur les éventuels réveils nocturnes, les rêves, le coucher, le ressenti en journée, l’état physique, les activités, un bref bilan santé… Selon le nombre de cases cochées, 10, 15 ou plus de 20, tombe le verdict.

Puis, parmi les centaines de points existants, le médecin acupuncture présente, des dix plus efficaces, son point fétiche, le point Paé-Roé. "Dit aussi Bai Hui en chinois pinyin, il signifie "cent réunions", indiquant un carrefour énergétique stratégique. Il est situé sur la ligne médiane du crâne, un peu en arrière du sommet. Ce point d’acupuncture crânien a le pouvoir de réharmoniser l’activité cérébrale, une sorte de point "reset" du cerveau. Il a pour effet de faire faire au patient, en quelques semaines, ou en quelques mois le parcours inverse de sa maladie."

Les patients ont une immense fatigue à expurger

Quant au rapport avec la fatigue, "c’est lorsque j’ai compris les propriétés relaxantes et soporifiques du point Paé-Roé", explique le Dr Maurice Tran Dinh Can, "que j’ai commencé à faire le lien entre l’amélioration des patients et le repos qu’ils parvenaient enfin à prendre. […] Lors de la séance, les patients ressentent une vraie détente, pendant les 30 minutes qu’ils passent allongés sur la table de traitement, l’aiguille dans la tête. Souvent, le premier soir, ils dorment très bien ! A la fin de la séance, je leur conseille d’écouter leur corps et d’aller au lit dès qu’ils en ressentent l’envie…" Mais ensuite, avertit le médecin, ils peuvent ressentir une accentuation de leur fatigue, ce qui est toujours très angoissant. Explication : "toute la fatigue accumulée s’exprime, se libère, comme "autorisée" à se montrer. Le cerveau, qui commence à ressentir les effets du repos, en demande encore plus. Les patients ont une grande, une immense fatigue à expurger."

Le troisième effet ? Dormir, dormir, dormir… "Voilà enfin la meilleure des cures qui se met en place : le sommeil", poursuit le spécialiste. "Mais pas n’importe lequel, nous parlons d’un sommeil réparateur, profond, complet, détendu, celui qui permet réellement de se régénérer, celui que les patients ne parvenaient plus à trouver." Après quoi, ne reste "plus qu’à" garder le cap.

© D.R.