L'angoisse des femmes enceintes proches du terme et des jeunes mamans est palpable. Une sage-femme tente chaque jour de les rassurer.

Lorsque une femme est enceinte, plus la naissance approche, plus les questions se font précises et plus l'angoisse grandit. Ce qui aide beaucoup alors ce sont les rendez-vous mensuels chez la gynécologue et chez la sage-femme qui font un suivi de la grossesse et qui apportent un soutien psychologique rassurant pour toutes les jeunes mamans (et les jeunes couples).

Alors que le coronavirus a confiné la population et que les hôpitaux sont devenus des camps retranchés pour les personnes en urgence totale, l'angoisse a monté encore d'un cran pour toutes ces femmes. Estelle Dizenzo est sage-femme indépendante dans la région de Mons et chaque jour, elle reçoit de nombreux appels de jeunes femmes inquiètes alors qu'elles sont à quelques semaines ou jours du terme. "Elles ont très peur que leur mari ne puisse pas les accompagner principalement. Je me suis renseignée, ils le peuvent mais aucun aîné, aucune grand-mère ne peut venir. Et la durée de séjour est très courte si tout se passe bien : le lendemain, les jeunes mamans rentrent avec leur nouveau-né à la maison."

C'est là qu'Estelle Dizenzo entre désormais en jeu. "Les hôpitaux nous ont demandé, à nous sage-femmes indépendantes, de faire le suivi des sorties précoces alors je passe une fois par jour chez elles pour faire le suivi, leur montrer des gestes, les rassurer surtout". Ainsi les sage-femmes hospitalières peuvent rester dans ce secteur.

Se reconnecter à son bébé

La sage-femme rassure également par skype, par téléphone : le suivi de grossesse est important mais si tout va bien, il vaut mieux rester à la maison et se reconnecter à son bébé "par la pleine conscience notamment". Elle le répète avec bienveillance et beaucoup de certitude à toutes : "Vous avez toutes les capacités pour mettre au monde votre bébé et le bébé les a aussi pour naître".

Recréer du lien avec l'enfant que l'on porte, pour ne pas se noyer dans l'angoisse "du plus tard", c'est le principal de chaque jour : "On connaît les effets délétères du stress sur les grossesses. Respirer, faire des exercices de relaxation, de pleine conscience, cela aide beaucoup".

Heureusement, de nombreuses jeunes et futures mamans peuvent bénéficier de la solidarité d'une quartier, d'un voisinage : "On fait leurs courses, on les aide avec les repas quand elles ont d'autre enfants". Il n'empêche que pour certaines femmes qui vivent un post-partum, qui sont isolées, vulnérables, les temps sont plus que durs. "L'une d'entre elles m'a appelé ce matin, elle était totalement dépassée entre ses enfants encore petits, le bébé, un mari qui travaille, les tâches ménagères. Elle me disait se sentir totalement abandonnée... C'est tellement difficile". Estelle Dizenzo, si elle ne peut plus assurer ses consult' prend l'initiative d'appeler ses patientes devenues mères très récemment : "On fait un bilan allaitement, poids, on voit ensemble comme ça avance bien". Des consultations par téléphone qui dure de 30 à 45 minutes tant les femmes sont anxieuses de "louper" un signe qui mettrait en danger leur nouveau-né et tant elles ont besoin d'être entendues.