Je juge, tu juges, nous jugeons, vous jugez. Nos amis, nos voisins, nos collègues, notre famille. La manière dont les autres s’habillent, leur physique, leur façon d’éduquer leurs enfants, de vivre leur vie,… Nous portons tous des jugements à l’emporte-pièce. Oui, même vous qui vous dites « Non, moi je ne juge pas. Je vous assure », vous n’y échappez pas. Allons voir cela de plus près.


Le jugement, c’est nécessaire

Le bien et le mal, ce qui est dangereux de ce qui ne l’est pas, ce qu’on aime et ce qu’on n’aime pas. Nous avons des millions d’informations à traiter par jour. Nous avons besoin de juger ce qui nous entoure, de classer, trier, prendre, jeter, évaluer,... Juger l’autre, c’est faire une distinction entre moi et les autres, ce qui me différencie de lui et en quoi je lui ressemble. Cela, c’est le jugement de base. Celui qui est nécessaire à notre vie, on ne peut pas faire autrement.

Ce qui coince, c’est lorsque le jugement devient de la médisance, de la critique gratuite. Lorsque notre jugement met l’autre dans une position inférieure et nous dans une position supérieure. C’est ça qui est dangereux.


À travers quoi jugeons-nous ?

Nous jugeons à travers le prisme de nos croyances, c’est cela qui rend nos jugements subjectifs. Et qui dit subjectivité dit inutilité. Je m’explique. Vous êtes-vous déjà demandé ce qui influençait vos jugements ? Vos croyances ? Votre éducation ? La culture dans laquelle vous évoluez ? Qui peut, réellement, prétendre que les jugements qu’il porte sont objectifs ?

Posez-vous ces questions de temps en temps, lorsque vous vous surprenez à poser un jugement mesquin sur quelqu’un. C’est une belle façon de vous connaître mieux et de vous remettre en question.


Jugement = enfermement

Il serait très différent de dire quelque chose comme : « Je n’ai pas aimé ce film parce que… » ou même, « J’ai aimé ce film parce que… » Ainsi, l’autre saurait ce qui vous touche ou pas, ce qui vous plaît ou pas et pourrait s’identifier (ou pas) à vos critères et à vos arguments. C’est bien plus constructif que « C’était nul ! N’y va pas ! ».

Un jugement sonne comme une condamnation, il ne donne pas la place à l’échange, à l’autre et à ses impressions. Juger, c’est enfermer dans des cases, cela fige notre pensée et notre évolution émotionnelle. Mais… Cela rassure. C’est aussi une « fonction » du jugement. Nous rassurer. Parlons-en.


Qu’est-ce qui se cache derrière le jugement ?

Derrière nos jugements, se cachent aussi nos peurs, nos faiblesses, nos doutes. Quand on critique le look de quelqu’un, c’est une façon de se rassurer sur notre propre look. Vous me suivez ?

Jung, appelait cela notre « part d’ombre ». Nous avons tous, en nous, du mal à reconnaître certaines choses qui nous constituent. Du positif comme du négatif. Lâcheté, violence, défauts, blessures, pour la moitié négative. Qualités, talents, aptitudes, compétences, pour la moitié positive. Cette part d’ombre nous fait projeter sur l’autre des qualités ou des hontes que nous n’assumons pas. C’est cela, aussi, qui construit les jugements que nous émettons. Il est plus facile de juger l’autre que de se demander ce qui nous appartient ou de nous remettre en question.

La prochaine fois que vous jugez quelqu’un, demandez-vous à quoi cela vous renvoie…


Une énergie perdue

L’énergie dépensée à juger les autres est perdue, inutile. Alors qu’elle pourrait nous servir à s’aimer soi, embellir nos vies et nos relations. Au fond, cela vous apporte quoi de juger ?

Bien sur, nous avons TOUS besoin, certaines fois, de cracher nos mesquineries sur le dos des autres avec humour, mauvaise foi ou « méchanceté ». L’essentiel est d’être conscient que ce qu’on dit est relatif et que ça nous appartient. Mais ne vous en servez pas comme excuse (rires).


Y a pas pire juge pour soi, que soi

Last but not least… Je vous invite, pendant deux heures, à vous observer. Ou plutôt, à observer votre niveau de bienveillance envers vous-même, le nombre de fois que vous vous jugez, que vous vous critiquez, que vous vous flagellez. Vous constaterez très probablement que vous êtes un juge intolérant et intransigeant. Le non jugement, c’est aussi valable de soi à soi.

Je finirai en citant Nietzsche qui disait, à propos du jugement : « De soi, on est trop près. Des autres, trop loin. » Nous ne sommes jamais à la bonne distance pour être juste.


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