Le documentaire d'Ovidie est diffusé dans son intégralité sur YouTube, l'occasion de revenir sur l'impact de cette pornographie permanente sur les jeunes adultes en recherche de leur sexualité.

Aujourd'hui, le sexe est partout et « tout porte à croire que nous vivons dans une société décomplexée ». Face à ce constat, Ovidie, féministe, auteur, cinéaste, et ancienne actrice porno, s'est interrogée sur la manière dont les jeunes filles abordent leur sexualité. Quel rapport entretiennent-elles avec leur corps? Comment cette jeune génération combine-t-elle la libération des moeurs avec les dérives sexistes? Comment gérer sa sexualité dans une société hyper connectée (la sexualité 3.0)? Comment se situent-elles face à l'image parfaite de la femme dans les magazine et aux nouvelles normes esthétiques dictées par l'industrie pornographique?

« A quoi rêvent les jeunes filles », ce documentaire était diffusé hier soir sur France2. Pour le réaliser, Ovidie a enquêté durant un an. Et le constat est alarmant. Elle dresse le portrait d'une jeunesse hypersexualisée, dépendante d'Internet, qui évolue dans une société où le porno est banalisé et se retrouve partout.

Mais, les 18-25 vivent dans la contradiction. Une génération Y de plus en plus tentée par l'épilation intégrale, jusqu'aux opérations de réduction des petites lèvres. La pression de la société veut qu'elles soient libérées sexuellement, tout en conservant le côté maternel. Elles doivent « aimer le sexe, mais pas trop » en gardant à l'esprit que « le spectre de la salope les attend au tournant ». « J’entends souvent dire que nous n’avons jamais été aussi libres. Alors que, parfois, au contraire, je me demande si nous ne sommes pas en train de construire une nouvelle forme d’aliénation », affirme la réalisatrice en introduction de son documentaire. « Avant, on encourageait les femmes à être de parfaites fées du logis, maintenant on leur explique que la fellation est le ciment du couple », déplore-t-elle.

Dans ce reportage, on retrouve toute une série d'intervenants dont des journalistes, des blogueuses, des féministes, un sociologue, des jeunes filles, des extraits de l'atelier Sluts and goddesses ou encore des Anges de la télé-réalité. Un documentaire interpellant, mais comme le rappelle Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du Planning familial en France, cette génération Y est « loin d'être dupe ». Le tout est sans doute de donner « les outils aux gamins pour décoder ce qui se fait » plutôt que de supprimer la pornographie, l'impossible retour en arrière.