La crise sanitaire a imposé le port quasi permanent du masque. Dans la rue, dans les réunions, parfois même en famille. Un de ces fameux gestes barrières qui vous protège et protège les autres. Pour les porteurs de lunettes, soit un Belge sur deux, la buée s’invite dans leur quotidien. Un désagrément permanent qui brouille votre vue. La solution, très simple et peu chère, s’appelle Misty.

Misty, brouillard en anglais, s'inscrit comme un nom en forme de clin d’œil mais constitue surtout un remède intelligent. D’autant plus qu’il a permis à l’entreprise Normandie Ecospace située à quelques kilomètres de Dieppe, spécialisée en 3D et en coworking en temps normal, de survivre, de se réinventer et même de grandir.

" Nous possédions 7 machines de prototypage, raconte la directrice des opérations Audrey Fontaine. Aujourd’hui, nous avons acquis 35 machines et 30 autres arrivent. Tout le monde a été réembauché après le chômage économique et deux personnes vont être engagées."

Pas de pétrole en Normandie (cela se saurait) mais une idée. Simple, réalisable et pas cher.

" Durant le premier confinement, nous avons construit des lunettes de sécurité pour les entreprises, des visières pour les hôpitaux ou encore une gamme de crochet de porte. Un vrai apport en sécurité sanitaire. Misty est un produit simple, utile et pas cher. Il s’agit d’une sorte de pince-nez mais qui ne pince pas le nez. Vous le clipsez sur votre masque et il maîtrise l’air expiré. Plus aucune buée ne vient se déposer sur vos lunettes."

De 1.500 pièces produites chaque jour, l’entreprise va rapidement doubler la capacité afin de répondre à l’énorme demande.

" Outre les particuliers qui peuvent commander via notre site internet (livraison désormais disponible en Belgique), des bonbonnières de 200 Misty sont présentes chez des opticiens, des pharmaciens. Certaines entreprises ont compris l’aspect commercial du produit en les offrant comme cadeaux floqués."

Un succès made in France et même made in Normandie puisque Misty mise volontairement sur des produits locaux et écologiques (les fils de plastique sont à base d’amidon de maïs... normands).

Question existentielle en ces temps où la crise frappe : le prix. 1.8 euros l’unité mais, pour des raisons logistiques, ils sont vendus par lot de cinq soit 9 euros.

Le petit prix à donner pour ne plus marcher au pif.