Le contexte actuel relativement anxiogène est plutôt propices aux troubles du sommeil. Or, le sommeil a une influence certaine sur notre métabolisme et nos comportements alimentaires. Qui, eux-mêmes ont une incidence sur notre immunité. Si l'on ajoute à cela que quasi un adulte belge sur deux est en surpoids et que beaucoup se lancent dans une spirale de régimes pour maigrir souvent sans succès, il est temps de bien comprendre le lien entre qualité de sommeil et prise de poids...

Le sommeil agit bien sûr sur notre tonus et notre réactivité mentale, mais il joue un rôle sur nos métabolismes et notre comportement alimentaire. Le docteur Plumey, auteure de "Le Monde Merveilleux Gras. Tout sur ces rondeurs qui nous habitent" aux éditions Eyrolles nous explique clairement les tenants et les aboutissants de ces liaisons dangereuses...

"Quand nous dormons nous sécrétons beaucoup d’hormones qui agissent sur nos métabolismes et sur nos comportements alimentaires. En l’occurrence le cortisol, l’insuline, l’hormone de croissance, la leptine et la ghréline. Durant la nuit, le cortisol (hormone de la réactivité) est au plus bas vers minuit et il remonte ensuite, contribuant ainsi à notre réveil à son maximum à partir de 7h du matin – l’hormone de croissance est à son maximum entre 21h et minuit ; ensuite elle décroit (cette hormone contribue à la bonne croissance d’un enfant qui dort suffisamment) – la leptine est à son maximum de 21h à 5h du matin (nous ne ressentons pas la faim) et la ghréline est à son minimum durant toute la nuit (cette hormone qui stimule la sensation de faim est donc inhibée pendant la nuit)", décrit ainsi le Dr Plumey.

Pourquoi ne pas dormir assez, fait grossir

"Si nous sommes éveillés alors que nous devrions dormir, ces rythmes sont perturbés ; ils ne savent plus s’ils doivent suivre le rythme de jour ou de nuit !", souligne la spécialiste. Et c’est un stress pour le corps...

Se coucher régulièrement à 2h du matin n’est donc pas si anodin qu’on pourrait le croire ! "Le cerveau le vit, en effet, particulièrement mal et manifeste son stress par une augmentation de sécrétion de cortisol dans la journée qui suit une nuit trop courte. Or, cette hormone est bien connue pour activer la lipogénèse". Soit la fabrication de gras par les adipocytes, qui sont des cellules graisseuses surtout au niveau de la graisse abdominale, celles qui favorisent l’apparition des complications métaboliques et cardio-vasculaires.

Tout ça augmente le risque de prendre du ventre mais aussi, au fil des années de nuits trop courtes, de développer un diabète "car le cortisol augmente la fabrication de glucose par le foie, glucose qui aura bien du mal à rentrer dans les cellules du fait de l’insulino-résistance également favorisée par le manque de sommeil".

En état de manque de sommeil, on mange aussi davantage et surtout de la comfort food (féculents, pain et aliments sucrés). Pourquoi ? parce que "le corps fabrique enfin moins de leptine et davantage de ghréline" ce qui implique que nous ressentons davantage la sensation de faim dans la journée, "Inconsciemment, nous associons cette sensation de fatigue à une hypoglycémie latente et recherchons les aliments riches en amidon et en sucres. Voilà qui explique les petites fringales de biscuits au moment où la somnolence se fait la plus forte, c’est-à-dire entre 14h et 16h".

Enfin, cerise sur le gâteau, comment faire ses 10.000 pas par jour ou avoir le courage de franchir la porte de sa salle de sport, quand on est fatigué ? s'interroge le docteur.

1 à 2 kg par mois

Et pour ceux qui comprennent mieux l'histoire en calories, voici le résumé du docteur Plumey : "Dormir une heure de moins chaque nuit fait "économiser" 300 calories dépensées en principe dans la journée et augmenter de 300 à 400 calories les apports caloriques par surconsommation de féculents, pain et produits sucrés. Cela fait donc un surplus de 600 à 700 calories qui se traduit par une prise de poids moyenne de 1 à 2 kilos par mois..."