Le burn out, tout le monde connaît. Ce mal-être touche un travailleur belge sur dix en Belgique. Mais qu'en est-il du bore out? Alors que certains sont débordés à s'en rendre malade, d'autres s'ennuient comme des rats morts derrière leur bureau. A une époque où le taux de chômage est élevé, ce problème peut faire sourire et pourtant, c'est un syndrome très sérieux.

Chacun d'entre nous ressent parfois le besoin de respirer, de freiner le rythme. Les courtes périodes d'inactivité tombent alors à pic. Mais lorsque cette exception devient quotidienne, que plus les jours passent plus le travailleur ne fait que consulter l'horloge de son ordinateur, le risque d'épuisement professionnel n'est alors pas rare. Certains riront en se demandant comment est-ce possible de s'user en ne faisant rien. Pourtant, le bore out multiplierait par trois le risque de maladies cardio-vasculaires, selon des spécialistes. Les symptômes sont lourds de conséquences: dépression, fatigue impressionnante et perte de l'estime de soi. Et c'est sans compter la honte d'oser en parler, contrairement au burn out. Nous vivons effectivement dans une société qui valorise la suractivité, alors le contraire donne l'impression à l'individu de « voler » son salaire.

Ce mal-être peut toucher les personnes à qui on ne confie pas assez de tâches et qui doivent les étirer durant la journée ou celles qui sont « mises au placard » parce que l'employeur n'a pas le courage de licencier. Il peut également viser les travailleurs surqualifiés et ceux qui ne portent pas un intérêt énorme pour leur travail.

Mieux vaut prévenir que guérir

Pour sortir de cette spirale de l'ennui, il faut pouvoir analyser les causes de son bore out. Est-ce juste temporaire ou est-ce récurrent? Ensuite, il est recommandé d'en parler à son employeur avant que la situation ne devienne maladive. Parfois, le problème vient simplement des autres travailleurs qui accaparent tout le travail intéressant. Ensuite, pour retrouver la motivation, il est nécessaire de se fixer des objectifs réalistes. Si vous êtes le style de personne hyper efficace, organisez votre journée afin de ne pas terminer toutes vos tâches en un temps record ou passez à mi-temps, si financièrement vous pouvez vous le permettre. Optez pour des formations. Elles rempliront votre temps d'inactivité et vous apporteront des compétences supplémentaires. Et si rien n'y fait, réfléchissez à votre reconversion avant de tomber dans la dépression.