Si la journée est synonyme de détente, le dimanche soir peut être assimilé, pour certains d’entre nous, à une chute morose avant la reprise du lundi matin. Vous y êtes sensible ? Voici des solutions pour surmonter ce blues.


On garde les bonnes habitudes

Le week-end nous offre un espace de détente et une souplesse des horaires et des activités, qui contrastent avec le reste de la semaine. Malgré tout, "le fait de modifier nos habitudes le week-end, qu’il s’agisse d’alimentation ou de rythme de sommeil, peut être mal vécu par l’organisme. Nous pouvons avoir l’impression de ne pas être réveillé, d’être dans une bulle inconfortable, de ne pas avoir profité de la journée", précise le Dr Florian Ferreri, psychiatre. Si vous aimez les grasses matinées, ne dépassez pas 2 h - 2 h 30 par rapport à votre heure habituelle de réveil. Si une sieste vous tente, privilégiez un repos de 10 à 20 minutes, "sans quoi vous risquez de ressentir une sensation de flottement au réveil et de ne pas parvenir à vous rendormir le soir", explique Florian Ferreri. Enfin, si vous avez des pensées négatives, faites une promenade. "Les mouvements cadencés des yeux pendant une marche, alliés à l’oxygénation de l’organisme, libèrent l’esprit", insiste Florian Ferreri.


On prépare une playlist antidéprime

Certaines musiques nous apportent un regain d’énergie et de bonne humeur. L’écoute de la musique a un impact bénéfique sur l’organisme, dont la sécrétion de dopamine, et la réduction de la pression artérielle et de la respiration. Florian Ferreri conseille d’opter pour des musiques que vous connaissez et qui solliciteront votre mémoire émotionnelle. "Chaque chanson peut renvoyer à un souvenir, et ainsi nous replonger dans un univers agréable. La chanson en elle-même peut être catastrophique sur le plan musical mais exceptionnelle sur le plan des émotions induites ! C’est pour cette raison qu’il est important d’élaborer sa propre playlist."


On planifie des activités agréables

Ceux qui éprouvent de la tristesse le dimanche soir peuvent profiter de ce moment pour organiser leur prochain week-end ou leurs prochaines vacances (réserver leurs billets, dénicher des bons plans sur Internet). "Cela permet de faire un saut en avant, de se projeter. De plus, visualiser un univers agréable et être pleinement dedans donne l’impression au cerveau de le vivre en vrai. Ce qui modifie le taux de noradrénaline et de sérotonine", souligne Florian Ferreri. Autre option : instaurer des rituels. Tous les dimanches soir, ce sera "jeux de société en famille", "cinéma"… L’idée étant de remplir ce temps avec des activités agréables. Il est important que ceux qui ont l’impression de subir leur dimanche soir en soient acteurs. Si une soirée télé vous tente, "privilégiez surtout des films qui vous divertissent et vous changent les idées. Évitez les films qui vous dépriment ! Sans quoi cela risque d’accentuer votre morosité. Mieux vaut donc une énième rediffusion des Bronzés qu’un numéro inédit de Faites entrer l’accusé !" insiste Florian Ferreri. Et si le flottement du dimanche soir vous fait renoncer aux sorties prévues, réservez vos billets (de cinéma, de théâtre…) à l’avance.


On s'entraîne à positiver et à mentaliser le lundi

Vos dimanches soir sont marqués par des pensées négatives ? Apprenez à les identifier et à les remplacer par leur versant positif. "Toute difficulté, minime ou majeure, apporte du positif", note Florian Ferreri. Exemple : ‘C’est déjà lundi qui arrive, j’ai l’impression de n’avoir rien fait de mon week-end’. Reformulation positive : ‘C’est déjà dimanche soir ? Je n’ai pas vu le temps passer, ce qui montre que j’ai bien profité de mon week-end et que je me suis reposé.’ Si l’échéance du lundi matin est, pour vous, une source d’appréhension, entraînez-vous à positiver, à laisser filer les pensées désagréables : ‘Cette réunion, je l’ai bien préparée, tout va bien se passer !’"Reconnaître cette tendance à dramatiser est un premier pas vers le positivisme ", dit le Dr Ferreri. Les plus anxieux peuvent aussi visualiser leur lundi, étape après étape : se lever, petit-déjeuner, prendre le métro ou la voiture, arriver au travail, saluer ses collègues, s’installer à son bureau, etc. Se projeter dans la situation, s’imaginer ce qui va se passer, permet de relativiser. "On redoute moins ce que l’on a déjà vécu, même si ce n’est que dans notre imagination. L’idée est de prendre conscience que l’on va survivre au lundi, comme chaque semaine !", rassure le psychiatre.