Aujourd’hui, les possibilités de reconversion sont nombreuses et c’est tant mieux. Mais cela peut aussi effrayer. Cette semaine, les conseils de Julie Arcoulin pour surmonter les peurs qui peuvent freiner.


Il est loin le temps où l’on était cantonné toute sa vie au même job, à la même fonction, à une carrière linéaire dans laquelle on manquait de possibilités de changement. Beaucoup d’adultes ressentent, à un moment de leur vie, un désir de changement. Besoin de faire un métier avec plus de sens, de changer radicalement de secteur ou passer d’un métier "intello" à manuel, tout est possible !


Les étapes d’une reconversion

La reconversion commence bien plus tôt que ce qu’on ne pense. Les prémices naissent de différentes façons : conflits de valeurs avec le job exercé, burn-out, besoin de donner un nouveau sens à sa carrière, marre de la mise sous pression, rêve d’enfant qui se réveille, événement de vie qui bouscule les choses en place,… Il y a de nombreux facteurs qui peuvent ouvrir la voie de la reconversion. 

Une fois que l’idée trotte dans la tête, la grande question arrive : Que vais-je faire ? Quel métier ai-je envie d’exercer ? Il est essentiel de s’interroger d’abord sur le « quoi ? », pour ensuite réfléchir au « comment ? ». Si vous réfléchissez d’abord à « comment faire », la montagne vous semblera impossible à franchir.

Bien souvent, je constate que les personnes en désir de reconversion savent ce qu’elles veulent, mais n’osent pas se lancer, ni même prononcer tout haut ce qui crie au fond d’elles-mêmes. Pour d’autres, la reconversion fait envie mais elles ne savent pas par quel bout commencer. C’est pour cela que j’insiste sur la définition du « quoi ». Même s’il peut changer en cours de route. Ne brûlez pas d’étapes, laissez-vous du temps pour définir vos envies et vos besoins par rapport à votre nouvelle carrière.


Les peurs et les croyances

© Brooke Cagle / Unsplash

Lorsque l’on prononce le mot reconversion les réactions peuvent varier. Il faut toujours bien avoir en tête que les autres projettent leurs propres peurs et leurs propres croyances à l’entente de ce mot. Il faut donc bien sélectionner les personnes auxquelles vous en parler.

Je disais donc que lorsqu’on envisage une reconversion, beaucoup de peurs viennent brouiller le courage et l’énergie nécessaires aux nouveaux projets. « Je ne suis pas capable », « Je dois encore me former », « Je vais manquer d’argent », « J’ai passé l’âge », « Comment va réagir mon entourage ? », « Il y a déjà plein d'idées comme la mienne sur le marché », « Je n’ai pas le bon réseau »,… Quand il s’agit de se saboter, l’humain est rarement à court d’idées !

Pour lutter contre ses peurs et éviter de leur donner trop de pouvoir, il y a une chose assez simple à faire : les lister. Cela vous permettra de les déposer sur papier et puis d’envisager des solutions pour chacune d’elles. Le problème de les laisser dans votre tête c’est qu’elles se montent les unes aux autres. La rationalité laisse donc la place à l’irrationalité et c’est le bazar. Quand vous les avez listées, réfléchissez à 3 solutions qui pourraient diminuer chacune d’entre elles. Vous serez étonné de voir que des solutions existent et que vous êtes capable de les trouver ! Si vous pataugez, faites appel aux personnes de votre entourage qui ont réalisé une reconversion, ou faites-vous aider par un(e) professionnel(le). Ne laissez pas vos peurs prendre le contrôle et écraser vos rêves.


Une question de point de vue

Il y a une chose qui semble effrayer les personnes souhaitant se reconvertir : l’échec. Dans l’élan de reconversion, viennent les questions liées à une éventuelle baisse des revenus, à la peur du manque, de ne pas y arriver,… « Et si je me plantais ? » pensent beaucoup de gens en transition. L’échec est une question de perspective. Si vous considérez l’échec comme une expérience et une occasion d’apprendre, vous pourrez alors vous inscrire dans la dynamique du rebond. Cette agilité utile à toutes les personnes en quête de changements.

Il y a aussi une grande peur moins connue : la peur de la réussite. Contrairement à ce que l’on pense généralement, la peur de la réussite est réelle et parfois plus fréquente que la peur de l’échec. Réussir est presque considéré comme un gros mot dans notre culture. Cela peut donc être une vraie peur derrière laquelle se cache des croyances comme : si je réussis je vais écraser les autres, si je réussis je ne sera plus aimé(e) de mon clan, si je réussis cela fera de la peine à….

Pour exterminer cette peur une seule solution : se donner l’autorisation !


Se transformer

Qui dit reconversion, devrait aussi dire transformation. Il faut faire émerger ce qui sommeille en vous depuis trop longtemps. Changer de vie, changer de travail nécessite aussi une transformation interne qui vous permettra d’être certain(e) que tout se fait en accord avec vos valeurs. C’est une des conditions essentielles à une reconversion réussie. Bousculez vos peurs, connectez-vous à ce dont vous rêvez et à ce qui vous fait vraiment vibrer. Les peurs sont des chaînes qu’il est possible de détruire et c’est une transformation nécessaire pour atteindre vos objectifs.


Faites-le en douceur

Certaines des personnes qui veulent changer de métier pensent qu’elles doivent faire tout de suite, sans transition. Mais rien ne vous empêche de le faire en douceur en préparant ce changement consciencieusement et de façon à vous sentir en sécurité tout au long du processus. Il est, bien sûr, impossible de le faire sans avoir des périodes de doute et de crainte, mais vous savez maintenant que c’est domptable et que les solutions existent.

Osez ! La vie, c’est maintenant…

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