Le manque de sommeil ne touche pas uniquement les adultes, que du contraire. Les jeunes aussi, avec des conséquences sur la concentration, l'humeur, le moral, la croissance.

L'adolescence, c'est une période de grand remue-ménage. Des changements qui peuvent évidemment nuire au sommeil. A cela, s'ajoutent les smartphones, les tablettes, la télévision, les examens, les révisions tardives, et parfois des troubles bien plus ancrés qui se transforment en véritables pathologies.


9 à 10 heures de sommeil

Un adolescent, de part le bouleversement hormonal qui l'atteint, a besoin généralement de 9 à 10 heures de sommeil par nuit, parfois même douze heures, pour être au top de sa forme. S'il éprouve des difficultés à se lever le matin, qu'il a du mal à se concentrer ou somnole en classe, présente des sautes d'humeur, ou encore se sent déprimé, alors il est possible qu'il ne dorme pas assez ou mal. Avec les habitudes de vie actuelle, les ados sont nombreux à retarder l'heure du coucher en semaine. Un dérèglement progressif s'installe et la phase de sommeil paradoxale, essentielle à l'apprentissage, est raccourcie. Pour rattraper ces heures précieuses, ils font la grasse matinée dès qu'ils en ont l'occasion. Ce n'est donc pas un signe de paresse comme pourraient croire certains parents, mais un besoin.


Quand le smartphone s'invite dans le lit

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L'adolescent a toujours aimé sortir, s'avachir devant la télévision, papoter toute la nuit avec les camarades invités à la maison, mais désormais, il y a le smartphone. Ce n'est donc pas parce qu'il se glisse dans son lit qu'il tombe immédiatement dans les bras de Morphée. Une récente étude américaine s'est penchée sur le comportement de lycéens dans trois établissements. Le résultat a montré que les jeunes qui cessent d'envoyer des SMS à l’extinction de la lumière dorment plus longtemps, somnolent moins la journée et obtiennent de meilleures notes que ceux qui ne peuvent stopper de communiquer avec leurs camarades.

Si le fait de retarder son endormissement joue, la « lumière bleue » émise par les smartphones est sans doute plus néfastes encore. Dans l'obscurité, elle est perçue comme plus intense (même à travers les paupières) et retarde donc la libération de mélatonine, l'hormone du sommeil. D'autant que certains ados n'éteignent pas leur téléphone durant la nuit, par dépendance des réseaux sociaux. Cet excès et le manque ou mauvais sommeil qu'il engendre contribuent à une baisse de l'estime de soi, augmentent le stress, l'anxiété et le risque de dépression.


Débuter les cours plus tard ?

Plusieurs études vont dans ce sens. Selon certains chercheurs, les adolescents seraient bien plus efficaces et plus concentrés à partir de 10h, car ils perdraient en moyenne dix heures de sommeil par semaine avec tous ces rythmes imposés. Notre corps ne serait visiblement pas fait pour se lever à une heure précise, il est en réalité réglé sur la lumière du jour, même si nous n'en sommes pas spécialement conscients. La solution, d'après ces experts, serait donc de retarder le début des cours.


Le syndrome de fatigue chronique

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La sensation de fatigue durable, de peu se reposer la nuit, les maux de tête qui en découlent, le manque de concentration. Ces symptômes ne touchent pas que les adultes, les ados peuvent aussi en souffrir. Il s'agit du syndrome de fatigue chronique, une pathologie d'origine biologique et non psychologique qui nécessite un suivi médical. Le diagnostic n'est pas toujours évident à établir et les élèves sont souvent absents à l'école ou incompris par leur entourage.


Les bons réflexes

Pour que le sommeil de votre ado soit le moins possible perturbé, il est important qu'il se couche à heure fixe, se déconnecte des réseaux sociaux (voire éteigne tout!), ne pratique pas de sport excitant ou n'engloutisse pas de collation et de boissons excitantes avant d'aller se coucher, aère sa chambre, baisse le chauffage pour dormir, évite la lumière vive le soir mais pas le matin, n'étudie pas trop tard le soir, et n'utilise son lit que pour dormir.