Pourquoi ces brûlures ? Lors de la digestion, l’estomac sécrète de l’acide chlorhydrique qui va fragmenter les aliments. En dehors des repas, il se protège de cette acidité environnante en sécrétant un mucus qui tapisse ses muqueuses et empêche l’acide d’attaquer ses parois. L’œsophage, lui, n’a pas cette protection : si son sphincter inférieur, sorte de clapet qui "ferme" l’accès à l’estomac, est fragile, il sera sensible aux éventuelles remontées de suc gastrique. Certains médicaments pris au long cours peuvent aussi occasionner des brûlures. C’est le cas des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l’aspirine ou l’ibuprofène, par exemple. Ces AINS inhibent les sécrétions de mucus et de bicarbonates, principaux facteurs de protection de l’estomac.

Comment savoir s’il s’agit vraiment d’un excès d’acidité ? "Toute sensation de brûlure ou d’échauffement est liée à l’estomac", dit le Dr Hervé Hudziak, gastro-entérologue. Les brûlures d’estomac se situent au niveau du sternum, à la partie haute de l’estomac, tandis que le reflux gastro-œsophagien (RGO) provoque une brûlure qui remonte le long de l’œsophage et peut entraîner une irritation en haut de la gorge.

D’après le Dr Hudziak, si les brûlures se retrouvent associées à d’autres symptômes comme une satiété précoce, des troubles abdominaux ou des troubles du transit, c’est plutôt rassurant car cela démontre que c’est probablement passager.

"En revanche, si les symptômes au niveau du haut de l’estomac sont associés à des nausées ou à des vomissements, des vertiges, des difficultés à respirer, il faut penser à l’infarctus du myocarde, dont les signes d’alerte sont parfois trompeurs," alerte le spécialiste. Dans ce cas, et contrairement aux brûlures d’estomac, la douleur diminue au repos.