"Je suis persuadé qu’il n’y a que le hasard qui pourra me conduire à l’amour… Mais enfin, puisque je suis arrivé jusqu’ici, lançons-nous…”

Cet homme qui doit bien connaître l’œuvre de Marivaux est un homme d’affaires voyageant entre Londres, Paris et Bruxelles, très à l’aise financièrement et célibataire. Et qui en a assez de ce dernier statut. Son but désormais : trouver l’âme sœur. Pour ce faire, difficile de passer par un site de rencontres (pas le temps, pas de profil compatible) quelconque ou par une agence “matrimoniale” (profil upscale requis).

Et c’est ici qu’entre en jeu un duo chic de choc en matière de rencontres et disons-le tout de suite en matière d’amour ! En août 2012, Annemieke Dubois et Geneviève Heintz ouvrent le bureau bruxellois de Berkeley International, une société britannique créée il y a dix ans par Mairead Molloy, surnommée la “millionnaires matchmaker”. Objectif : faire se rencontrer des personnes issues d’un milieu socio-culturel élevé qui cherchent un(e) partenaire de vie. Parmi les 500 membres belges, on compte nombre de chefs d’entreprises, CEO, hauts et moyens cadres, professions libérales, people, professionnels… Certains sont entourés mais ne parviennent pas à rencontrer des personnes hors de leur cercle mais tout de même au diapason de leur mode de vie. D’autres n’ont simplement pas le temps et “délèguent” cette recherche en “outsourcing”. “Souvent, ces personnes se rendent compte qu’elles doivent changer de mode de vie, se poser un peu. Et s’aperçoivent après nos entretiens que si elles recherchent une compagne ou un compagnon, c’est qu’elles se sentent seules… La volonté désincarnée de trouver quelqu’un devient une quête de l’âme sœur et nous entrons en jeu”, explique Annemie, jolie brune au regard franc.

Ce service top luxe a évidemment un prix : le membership peut être ciblé sur la Belgique (6000 € par an), européen (15 000 €) ou international (à partir de 25 000 €), et ne se limite pas qu’aux pays qui possèdent une franchise comme Londres, New-York, Cannes, Monaco, Paris, Genève,…

L’amour était dans le train

Les deux jeunes femmes qui œuvrent en coulisses ont derrière elles plus de 15 ans de carrière en ressources humaines. Mais elles ont surtout une écoute et une empathie extraordinaires envers leurs clients. “Nous avons dû nous protéger un peu au fil des mois car on vivait en même temps que nos membres leurs belles rencontres mais aussi leurs déconvenues, cela faisait presque partie de nos vies de famille ! Mais on attend toujours avec impatience de connaître le verdict des clients après une première rencontre”, précise Geneviève, fine blonde à la voix douce.Résultats ? 40 % d’hommes, 60 % de femmes ont recours à Berkeley. Le taux de réussite est évalué de 75 à 90 %, pour des relations qui durent au moins 6 mois.

Et qu’en est-il de l’homme d‘affaires voyageant entre Bruxelles et Londres (relisez le début de l’article) ? Après un rendez-vous très approfondi avec Geneviève Heintz, il lui a été proposé de rencontrer une femme dont le profil lui correspondait totalement. Rendez-vous a été convenu à Londres le vendredi soir. Le vendredi matin, dans l’Eurostar, s’installe en face de lui une femme qui lui plaît particulièrement… Mais que faire ? Comment entrer en contact dans un wagon de première classe rempli ? Aucun moyen ! Les deux voyageurs finissent par se quitter sans s’être adressés la parole. Le soir même, ils se retrouvaient, tout étonnés : le duo de Berkeley s’était bien dit que ces deux-là iraient très bien ensemble. Le hasard était bien là mais c’est l’agence de rencontres qui était derrière le rendez-vous…