Soigner les très gros stress par la MDMA sera-t-il possible dans les années à venir ? Une association californienne a lancé il y a quelques années une série d’essais cliniques dans plusieurs pays dans le but de soigner les les troubles de stress post-traumatique en administrant aux patients de la MDMA, la substance active des pilules d’ecstasy.

Elle espère même obtenir le feu vert de l’Agence américaine du médicament (FDA) pour légaliser cette thérapie à partir de 2021.

Les résultats des deux premières phases ont été “extraordinaires”, affirme le Dr Keren Tzarfaty, psychologue chargée de former les médecins pour la MAPS en Israël. Le médecin constate les améliorations obtenues par les patients : “Un an après la fin de leur traitement, on constate que 68% des personnes ayant reçu une thérapie incluant de la MDMA n’ont plus de syndrome de stress post-traumatique ou ne sont plus définies comme souffrant de cette pathologie”, explique le Dr Tzarfaty.

La substance utilisée dans ces tests, la MDMA, est une très ancienne molécule. Elle a été créée il y a plus d’un siècle, en 1912, par les laboratoires allemands Merck. “La MDMA est connue pour renforcer le sentiment de communion, elle supprime toutes les défenses”, remarque le Dr Ben Gershon. “Cette drogue déclenche chez les patients de la joie et de l’empathie, deux émotions dont ils ont besoin afin de commencer à traiter le traumatisme en psychothérapie”, selon le Dr Tsarfaty.

En 2018, une étude publiée par The Lancet Psychiatry, suggérait d’administrer de l’ecstasy aux militaires traumatisés. Les chercheurs avaient cependant exprimé leurs réserves en cas de généralisation de la molécule MDMA dans les traitements psychiatriques. L’étude mettait aussi en évidence la présence, chez certains participants, d’effets indésirables causés par la MDMA : angoisses, dépressions, épuisement, maux de tête, tensions musculaires et insomnies, notamment.