Un film sur la tuerie de l'île d'Utoya fait débat en Norvège

Un long-métrage reconstituant la tuerie de l'île d'Utoya le 22 juillet dernier sera bientôt à l'affiche dans les salles obscures de Norvège. Ce film bouleverse les survivants et les proches des personnes décédées lors du drame.

Un film sur la tuerie de l'île d'Utoya fait débat en Norvège
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Rédaction en ligne

Un long-métrage reconstituant la tuerie de l'île d'Utoya le 22 juillet dernier sera bientôt à l'affiche dans les salles obscures de Norvège. Ce film bouleverse les survivants et les proches des personnes décédées lors du drame.

La Norvège n'a pas encore eu le temps de faire son deuil de la tuerie de l'île d'Utoya qu'un film à petit budget a été réalisé sur ce sujet. Les rescapés et les familles des victimes tentent évidement d'empêcher le lancement du film, mais pour l'instant sans succès. Le manque de recul par rapport aux faits, la piètre qualité de la réalisation font évidemment débat au sein de l'opinion publique norvégienne.

Le scénario se focalise d'abord sur l'attaque à la bombe perpétrée par Anders Breivik dans le centre d'Oslo avant d'aborder la fusillade dans le camp de jeunes de l'île d'Utoya où le parti social démocrate avait organisé un camp de vacances. Au total, 77 personnes avaient péri sous les balles de celui qui est devenu l'homme le plus détesté de Norvège.

Si les victimes estiment qu'il est important de faire un "devoir de mémoire" sur le drame, elles se disent profondément choquées après avoir visionné la bande-annonce du film. "Il est important de trouver une manière de relater ce qui s'est passé ce jour-là", concède un survivant. "Mais revoir l'événement de cette façon, c'est juste écoeurant"., ajoute-t-il

Il faut dire que la musique sinistre qui rythme les images et les plans sur les jeunes gens qui courent dans tous les sens pour échapper aux tirs d'Anders Breivik ne sont pas particulièrement de très bon goût et manquent de la plus élémentaire subtilité. "Je vais tous vous tuer", éructe le comédien interprétant le rôle de Breivik. Un jeu d'acteur plus proche de la mauvaise parodie que de l'Actor Studio. Le film s'assimile d'ailleurs plus à une médiocre série Z qu'à une oeuvre poignante sur un sujet sensible.

Les rescapés de la fusillade ont porté plainte à la police pour qu'elle interrompe la campagne de promotion du film. Mais rien n'y fait, YouTube refuse de retirer la bande-annonce de son site.

George Anton, le producteur du long-métrage, affirme avoir soutenu le projet par "sympathie" pour les victimes. Il dit espérer que drame d'Utoya mènera à l'interdiction du port d'armes aux Etats-Unis. Prévention et hommage, tels seraient les desseins honorables du film qui, dans sa réalisation est loin de les atteindre.