Les joueurs de Tetris sont-ils des obsédés du rangement ?

Depuis sa sortie en 1984, Tetris est un véritable succès commercial puisque 170 millions d'exemplaires ont été écoulés à travers le monde. Sur sa plateforme Gameboy, le jeu est même le quatrième jeu le plus vendu de l'histoire des jeux vidéos.

Rédaction web
Les joueurs de Tetris sont-ils des obsédés du rangement ?

Le nom d'Alexei Pajitnov ne vous dit probablement rien. Pourtant ce diplômé du centre informatique de l'Académie des sciences de l'URSS est le créateur de l'un des grands classiques du jeu vidéo, Tetris.

Bâti sur des règles simples, à savoir emboîter des pièces les unes dans les autres afin de faire disparaître des "lignes" avant que l'écran ne se remplisse, Tetris nécessite adresse et intelligence. En plus pas question de victoire au bout du compte, mais seulement de retarder le plus longtemps possible sa défaite. Depuis sa sortie en 1984, le jeu est un véritable succès commercial puisque 170 millions d'exemplaires ont été écoulés à travers le monde. Sur sa plateforme Gameboy, Tetris est même le quatrième jeu le plus vendu de l'histoire des jeux vidéo.

Si Tetris n'est pas à proprement parler une drogue. Il dispose en tout cas du même potentiel addictif. Le jeu fut même qualifié de "pharmatronic" par l'écrivain Jeffrey Goldsmith. Mais pourquoi donc des millions de personnes ont consacré des milliers d'heures à emboîter des briques sur fond d'une musique obsessionnelle déclinée depuis dans différentes versions (classique, dubstep...)?

Les jeux sont-ils des formes de rangement ritualisé ?

Un professeur de psychologie cognitive à l'université de Sheffield avance dans un article de la BBC que ce qui nous attire dans Tetris est notre appel psychologique au rangement. D'ailleurs pour Tom Stafford, beaucoup de jeux ritualisent le rangement. Il explique d'ailleurs que le billard repose sur le même principe. On casse un triangle de boules avant de les envoyer dans les trous afin de "nettoyer" la table. Même chose pour Tetris où l'ordinateur envoie des blocs que l'utilisateur va alors se sentir obligé de ranger compulsivement.

Tom Stafford avance aussi que le succès de ce classique du jeu vidéo s'explique aussi par l'effet Zeigarnik. Celui-ci consiste à oublier aussitôt les tâches accomplies alors que celles qui sont encore inachevées restent dans notre mémoire. Tetris crée constamment de nouvelles tâches que nous devons immédiatement accomplir afin d'être satisfaits. Nous devons juste accomplir cette tâche peu importe la manière. Certaines études démontrent d'ailleurs que les joueurs effectuent plusieurs plusieurs rotations plutôt que de chercher directement la voie pour emboîter leur pièce. L'obsession prime sur la réflexion.

En créant Tetris, Alexei Pajitnov avait compris que l'esprit humain s'organisait autour de la poursuite d'objectifs. Une fois que nous avons accompli notre objectif, nous pouvons passer au suivant. Tetris exploite donc cet aspect en créant de la frustration qu'il est censé satisfaire pour mieux nous frustrer par après. Un principe sans fin qui explique son succès.


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