Les véhicules prioritaires peuvent-ils tout se permettre?

En cas d'urgence, outre mettre leurs gyrophares et actionner la sirène, les véhicules prioritaires (policiers, ambulanciers, pompiers, ...) peuvent contourner certaines règles du code de la Route. Cependant, tout ne leur est pas permis !

Les véhicules prioritaires peuvent-ils tout se permettre?
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En cas d'urgence, outre mettre leurs gyrophares et actionner la sirène, les véhicules prioritaires (policiers, ambulanciers, pompiers, ...) peuvent contourner certaines règles du code de la Route. Cependant, tout ne leur est pas permis, à indiqué lundi l'Institut Belge pour la Sécurité Routière (IBSR) à l'agence Belga. Lors d'une mission urgente, les véhicules prioritaires peuvent franchir les feux rouges si la sirène est enclenchée. Mais ils ne peuvent les franchir "qu'après avoir marqué l'arrêt et à condition qu'il n'en résulte pas de danger pour les autres usagers", précise le code de la Route.

En outre, les véhicules prioritaires ne sont pas tenus de respecter les limitations de vitesse. Mais, "les conducteurs de véhicules prioritaires doivent régler leur vitesse eu égard à la présence d'autres usagers, des conditions climatiques, de la disposition des lieux, de leur encombrement, la densité de la circulation, le champ de visibilité, l'état de la route, l'état et le chargement du véhicule", précise l'IBSR. Les conducteurs ne sont d'ailleurs pas tenus non plus de porter la ceinture de sécurité que ce soit lors d'une mission urgente ou non.

Enfin, les véhicules prioritaires peuvent entrer sur l'autoroute sans respecter les règles "pour autant que les nécessités du service ou de leur mission le justifient", précise le code de la Route.

Néanmoins, les conducteurs de véhicules prioritaires sont tenus de respecter quelques règles. Ils ne peuvent ignorer un panneau "stop" ou un triangle sur pointe. Ils ne peuvent ni rouler en sens interdit, ni utiliser des parties de la voie publique qui sont interdites aux véhicules automobiles (trottoirs, pistes cyclables), ni franchir les lignes blanches continues. Enfin ils doivent utiliser les feux clignotants lors des changements de direction.

Lundi, les syndicats policiers et le Comité P ont estimé qu'il serait nécessaire que les policiers bénéficient d'une formation à la conduite rapide, afin de réduire le nombre d'accidents observés souvent hors de toute situation d'urgence, arguant que les policiers ne sont souvent pas formés à la conduite rapide, sauf quand ils font partie d'une unité spéciale.


Les pompiers ne sont pas non plus formés pour la conduite rapide

Outre le permis B ou le cas échéant le permis C, les pompiers ne sont pas formés à la conduite rapide et d'urgence. "Et pourtant on travaille avec des camions citerne qui peuvent contenir jusqu'à 18.000 litres d'eau. Ça ne se conduit pas comme une voiture", explique le président de la Fédération des pompiers de Belgique, Marc Gilbert. Cependant, ce dernier estime que cette formation est un objectif secondaire, "on a un besoin plus urgent de personnel." Marc Gilbert est conscient du fait que cette formation peut être bénéfique et peut "permettre de mieux contrôler son véhicule." Mais le président de la Fédération des pompiers de Belgique tient à rassurer. "Par rapport au nombre d'interventions que l'on fait, on n'a pas énormément d'accidents."

La société des transports en commun bruxellois (STIB) dispose également de véhicules prioritaires dotés de gyrophares et d'une sirène. Mais les agents des transports publics de la capitale ne peuvent pas s'en servir comme ils l'entendent. "C'est le dispatching de sécurité qui autorise les agents à enclencher la sirène. Dans le même temps, le dispatching prévient la police qu'un de nos véhicules est en intervention d'urgence", explique la porte-parole de la STIB, An Van Hamme. En outre, "dans la formation globale des conducteurs, des cours de conduite défensive sont prévus", précise An Van Hamme.


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