Le double trois et le trépas

Notre série "rencontre inattendue dans les cimetières" se poursuit. Cette fois, le spécialiste des nécropoles André Chabot nous emmène à La Havane pour une anecdote particulière relative à un domino.

J. Lgg.
Le double trois et le trépas
©André Chabot

En cette semaine de Toussaint, LaLibre.be vous propose la série "rencontre inattendue dans les cimetières". Le Parisien André Chabot, spécialiste des cimetières et de l'art funéraire, décrit chaque jour un fait qui l'a marqué dans l'une des nécropoles du monde. Après Riga, ce "promeneur nécropolitain" nous emmène ce mardi à Cuba.

"On sait qu’aujourd’hui le cimetière délaisse peu à peu les manifestations de la foi religieuse et les affirmations d’une croyance en l’au-delà pour des références plus simplement humaines, témoignages de la vie sociale du défunt, de son métier, de ses passions.

Le domino, pièce d’un jeu "spécialement silencieux et méditatif", selon Gérard de Nekrval, désigne clairement, comme une carte à jouer peut le faire, la passion qu’éprouvait le défunt pour ce passe-temps. Mais il prend en l’occurrence, dans le cimetière de Cristobal Colon de La Havane, à Cuba, une autre signification. Car il symbolise précisément le moment et les circonstances de la mort d’un individu.

Le compositeur cubain Hubert de Blank, d’origine hollandaise, grand joueur de dominos, au cours d’une partie qui eut lieu le 12 mars 1925, fut foudroyé par un infarctus, sans avoir eu le temps de poser le double trois qu’il avait alors en main. Sa famille fit sculpter dans le marbre le domino qui pèse sur sa tombe."

Photo : André Chabot


Ce mercredi, André Chabot nous fait voyager en Hongrie !