Danse macabre

LaLibre.be vous propose le 3e volet de la série "rencontre inattendue dans les cimetières". Ce mercredi, André Chabot, spécialiste des cimetières, nous confronte à un violoniste destructeur.

J. Lgg.
Danse macabre
©André Chabot

Notre série "rencontre inattendue dans les cimetières" se poursuit. Le Parisien André Chabot, spécialiste des cimetières et de l'art funéraire, nous décrit chaque jour un fait qui l'a marqué dans l'une des nécropoles du monde. Ce mercredi, ce "promeneur nécropolitain" nous emmène en Hongrie.


"À l’origine, le squelette des Danses macabres représentait un mort et non la Mort. Mais l’image de celui qui n’est plus devint rapidement un symbole de mort et de résurrection, un Memento mori -Souviens-toi que tu es mortel- qui nous rappelle le caractère éphémère des biens et des plaisirs matériels, et de l’existence humaine.

Dans le silence boisé de l’immense nécropole de Budapest, en Hongrie, où nous chassions le monument rare, soudain, incongru, un son lointain vibra et se prolongea en trémolos douloureux. Pour quelle mystérieuse cérémonie cette musique bohémienne ? 

Se dessina alors un long et lent cortège funèbre, tout de noir vêtu qui marchait vers une fosse béante. En tête, un quatuor de violonistes gominés, puis vint le cercueil précédé d’un homme dépositaire de la relique, un violon, la raison de vivre du défunt. Et là, à quelques pas de nous, coïncidence extravagante, ce gisant de pierre, ce squelette de pierre. Ce n’est pas l’ange salvateur qui rassure par une musique céleste. Mais un Paganini destructeur, arrachant des pizzicati mortels à un Stradivarius de pierre, qui fait entrer le défunt dans le territoire d’où l’on ne revient pas."

Photo : André Chabot


Découvrez toute cette semaine notre série "rencontre inattendue dans les cimetières"