Petits secrets (parfois effrayants) des compagnies aériennes

De nombreux détails échappent aux passagers lors d'un vol. Ils font pourtant partie du quotidien des pilotes, hôtesses et stewards. Certains ne sont pas des plus rassurants! Témoignages.

Petits secrets (parfois effrayants) des compagnies aériennes
©Reporters / Abaca
Chastagner (st.)

Les téléphones portables allumés sont-ils dangereux lors d'un trajet à bord d'un avion? D'où proviennent les turbulences? Dans un post publié sur le site communautaire américain Reddit, des utilisateurs ont voulu mettre fin aux doutes qui subsistent autour des vols commerciaux, en demandant à ceux qui travaillent pour des compagnies aériennes de partager leurs secrets avec les plus curieux.

Un article, publié par Slate, recense les affirmations les plus étonnantes. Elles sont parfois inquiétantes pour ceux craignant le plus l'avion alors que d'autres montrent simplement que le personnel est constitué de gens comme tout le monde. Les informations suivantes ont été enrichies par le responsable de la sécurité des vols de la Belgian Flight School, contacté par LaLibre.be

1. Les atterrissages brutaux par temps de pluie ne signifient pas que le pilote est mauvais, mais qu'il évite tout simplement l'aquaplaning. "Il n'y a aucune loi qui oblige les pilotes à faire des atterrissages musclés par temps de pluie. C'est une recommandation qui dépend autant de la météo que du pilote", affirme Maxime Wauters, responsable de la sécurité des vols de la Belgian Flight School. L'adhérence des roues étant moins bonne par temps de pluie, l'avion a tout intérêt à toucher le sol le plus tôt possible pour maîtriser sa distance d'atterrissage.

2. Les téléphones portables allumés ne sont pas dangereux. Lors du décollage et de l'atterrissage, l'avion ne risque pas de s'écraser. Par contre, cela crée des interférences et gêne les communications radio des pilotes avec les contrôleurs. "Malgré les ondes bluetooth, du réseau mobile et du wifi, aucune étude n'a pu démontrer qu'il y avait un risque potentiel". Un blog du New York Times affirme qu'en 2010, aucun crash d'avion n'a été causé par l'utilisation de GSM pendant les manœuvres de décollage ou d'atterrissage. "L'objectif est de se rapprocher du risque 0".

3. Les pilotes d'un avion ont des plateaux repas différents afin d'éviter tout risque d'intoxications alimentaires simultanées. Là encore, il n'y a pas de loi écrite noir sur blanc. "C'est plus une coutume" dans le milieu. Les produits sont normalement frais et doivent être préparées sur des endroits différents, qu'il s'agisse des repas à bord ou avant le départ de l'avion.  

Des faits surprenants

Un steward actif sur les moyens courriers, qui a voulu témoigner sous anonymat, affirme à LaLibre.be que les pilotes et hôtesses sont des êtres humains comme tout le monde et que, parfois, ils aiment s'amuser. "Il m'est déjà arrivé de voir des pilotes se décaler, de quelques centaines de mètres, pour que grâce à la traînée de l'avion, c'est-à-dire le sillage, l'appareil derrière se prenne des turbulences. C'est un jeu entre pilotes", déclare-t-il. Les secousses d'un avion ne seraient pas seulement dues aux conditions météorologiques mais aussi à l'humeur taquine du pilote. Un témoignage qui a de quoi laisser perplexe...

Dans le même genre, le steward confie que les pilotes fument parfois dans le cockpit. La pratique n'est pas quotidienne mais n'est pas rare non plus. Par contre, "ce que je vois le plus souvent, c'est les appels de phares que les pilotes se font quand ils se croisent dans le ciel."  

Notre témoin décrit une troisième anecdote, qui n'est pas des plus rassurantes. "Sur les vols long-courrier, le personnel se repose dans des cabines prévues à cette occasion. Elles sont plutôt étroites et se ferment pour que les membres d'équipage soient complètement isolés du reste de l'avion. Les pilotes sont censés faire des micro-siestes. Pour ce faire, ils activent un code alarme qui gère l'ouverture de la porte toutes les 15 minutes. Une fois, un pilote qui dormait dans une de ces cabines n'avait pas activé son code alarme, afin de gagner un peu de temps. Or, les pilotes ne peuvent se permettre de dormir des heures. Mais lui, il utilisait une méthode surprenante : il avait pendu une cuillère à une cordelette qu'il avait fait passer par le haut de la porte afin qu'un autre membre de l'équipage puisse tirer sur la corde de l'extérieur et ainsi le réveiller par le tintement de l’ustensile métallique contre la paroi de l'intérieur, près de sa tête. Méthode qui le rendait dépendant d'une autre personne pour se réveiller. En plus des tâches à accomplir vis à vis des passagers, je devais donc surveiller son temps de repos et le réveiller..." Une technique qui en dit long sur les responsabilités d'un pilote... 

(Ces anecdotes sont des scènes de vie vécues à travers le regard d'un steward particulier. Elles ne sont évidemment pas à généraliser à l'ensemble du personnel d'aviation.)

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