Publicité post mortem

Quelle ne fut notre surprise de découvrir le tombeau de celui que nous appellerons Monsieur UCC. Un tombeau pompeusement signalé par deux énormes tasses à café de granit.

J. Lgg.
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©André Chabot

Ce vendredi, se referme notre série "rencontre inattendue dans les cimetières". André Chabot, spécialiste des cimetières et de l'art funéraire, conclut ce tour du monde des faits qui l'ont marqué dans l'une des nombreuses nécropoles qu'il a visitées. 


"Un séjour au pays du soleil levant durant le mois d’août, époque de chaleur humide et suffocante, nous permit d’apprécier le confort rafraîchissant apporté par les multiples distributeurs de boissons rencontrés dans les rues des grandes cités. Les initiales d’une firme au quasi monopole pouvaient se lire sur les machines : UCC.

Bien loin des mégalopoles de fer et de béton, sur les hauteurs du mont Koya, nous visitâmes Okunoin, l’une des plus vastes et des plus anciennes nécropoles du Japon, ville des morts cachée et couchée au pied d’arbres immenses, pelotonnée sous l’humidité des mousses, fantomatique dans les rais de lumière.

Là, parmi des théories de petits bouddhas, cravatés de bavoirs rouges, quelle ne fut notre surprise de découvrir le tombeau de celui que nous appellerons Monsieur UCC. Un tombeau pompeusement signalé par deux énormes tasses à café de granit, image de sa réussite commerciale et exemple unique, sans doute, d’une publicité post mortem pour une firme qui paraît prospérer aux quatre coins du pays."