Ce que pensent les femmes

En Belgique aussi la journée de la femme décrétée par l'ONU doit avoir un impact sur les mentalités. Sexisme ordinaire, discriminations, place des femmes au niveau social, politique, éducatif, économique : des femmes "ordinaires" témoignent sur ces sujets qui les touchent de plus ou moins près.

Ce que pensent les femmes
©REPORTERS
Stéphanie Carion


Qu’elle soit contestée ou non, la Journée du 8 mars existe pour rappeler que des milliards de femmes dans le monde luttent pour leurs droits, l’égalité et leur intégrité. Dans certains pays, il est exclu d’en parler, dans d’autres, on aborde le sujet en toute liberté. Certaines cultures en profitent d’ailleurs pour organiser des moments de réjouissances. Mais le 8 mars, c’est avant tout votre histoire, notre histoire. Nous avons récolté les témoignages de six femmes « ordinaires », mais tellement extraordinaires.

PLACE DES FEMMES DANS LA SOCIETE
Céline (jeune maman) : « Le monde du travail n’est pas encore tout à fait compréhensif lorsqu’on est maman »

"Je crois qu’on est assez chanceuses au regard de bon nombre d’autres pays. Certes nos salaires sont souvent inférieurs à ceux des hommes, certes être mère et travailler confère parfois à jouer au funambule, certes on est parfois insultée dans la rue. Mais, si on voit le verre à moitié plein, on peut également se dire que la place de la femme en Belgique est assez “satisfaisante”, même si, évidemment, il y a encore du travail. Si je dois juste parler de ma situation de jeune maman, il est vrai que c’est parfois assez difficile de combiner ma vie professionnelle et ma vie de mère. S’absenter en cas de maladie, partir plus tôt pour un RDV chez le pédiatre, c’est parfois assez mal perçu et surtout culpabilisant. On se retrouve à stresser, courir pour prester ses heures au travail et arriver avant l’heure de fermeture à la crèche, travailler de chez soi tout en gardant un enfant malade, etc. Je pense sincèrement que le monde du travail n’est pas encore tout à fait compréhensif à ce point de vue-là."


DISCRIMINATIONS
Maria (femme au foyer, grand-mère, italienne) :
« A l’école, le professeur m’obligeait à lire tout haut devant la classe »

"J’ai malheureusement déjà connu des discriminations. A mon arrivée en Belgique, je ne parlais pas bien le français. A l’école, le professeur m’obligeait à lire tout haut devant la classe. Elle le faisait volontairement pour me ridiculiser. Je me souviendrai toujours du mot « perpendiculaire » qu’elle me faisait répéter sans cesse car je n’arrivais pas à le prononcer correctement. Je pense que si j’avais été un garçon, je n’aurais pas subi tout cela…"


ETRE FEMME ?
Anaïs (étudiante) :
« Le fait d’être une femme m’est souvent imposé »

"Le sentiment d’être une femme m’apparaît en opposition aux hommes, dans mon état civil ou par rapport à la maternité. Le fait d’être une femme m’est souvent “imposé”. Au delà de ce que me renvoie la société, ma féminité, en tant que caractéristique physique, passe par le maquillage (socialement accepté pour une femme, un peu moins pour les hommes), mes seins, le fait de pouvoir me laisser pousser les cheveux, porter des talons, etc. Cest donc souvent dans un jeu de séduction. Quant aux caractéristiques mentales, il m’est difficile de sortir les stéréotypes qu’on retrouve partout autour de nous. Sommes-nous vraiment plus sensibles, patientes, etc (caractéristiques dites féminines). Est-ce que ces traits de caractère sont vraiment liés au fait d’avoir un utérus?"


LA JOURNEE DE LA FEMME

Clémentine (assistante sociale) : « Le 8 mars, c’est l’occasion de sensibiliser »

"Pour moi, le 8 mars représente beaucoup de choses: l’égalité entre les hommes et les femmes, la violence entre partenaires et surtout la condition de la femme dans certains pays. C’est aussi l’occasion de mettre en place un plan de prévention et de sensibilisation, notamment à travers la campagne du Ruban blanc, l’art, les reportages et articles, la campagne « Fred et Marie », etc."

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