Cherchez la chercheuse...

Moins d’un chercheur sur trois dans le monde sur le plan international qui est une femme : la parité entre chercheurs et chercheuses en science progresse peu.

Cherchez la chercheuse...
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Rédaction en ligne

Les femmes et la science... Pour tout comprendre en un clin d'oeil, prenons le prestigieux et reconnu Prix Nobel scientifique : moins de 3% de ces prix ont été attribués à des femmes depuis la création de cette récompense en 1901, soit 16 prix seulement, dont 2 à Marie Curie.

On le sait, les femmes scientifiques ne sont pas légion, et ce dans tous les pays du monde. Mais la 16e cérémonie du Prix L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science a permis à la Fondation L’Oréal d'enfoncer le clou avec la présentation des conclusions d’un rapport international mené par le Boston Consulting Group sur la place des femmes dans le secteur scientifique.

Malgré une légère progression dans les dix dernières années, les femmes sont sous-représentées d'une manière criante : moins d'un cherhceur sur trois dans le monde est une femme. En Belgique, le plafond de verre existe aussi tant au niveau du personnel académique, qu’au niveau de la représentation au sein des conseils scientifiques.

Depuis la fin des années 90, le pourcentage de femmes au sein de la recherche scientifique a augmenté de 12 % seulement.

Au sein de l’Union Européenne, seules 11% des plus hautes fonctions académiques sont tenues par des femmes dans les matières scientifiques.

Mais alors, comment expliquer la persistance de ce déséquilibre entre hommes et femmes ? Où s'opère les décrochages des femmes dans le parcours menant aux professions scientifiques ? C'est pour répondre à ces questions que la Fondation L’Oréal a souhaité réaliser un état des lieux.

Au secours !

L'étude montre que ce sont... les stéréotypes et les idées reçues qui sont les premiers obstacles au choix d’un parcours scientifique parles jeunes étudiantes

Les jeunes filles - mais aussi les parents, les enseignants et la société tout entière – semblent avoir des idées préconçues qui découragent certaines d’entreprendre des études scientifiques, comme le révèlent ces verbatim : « la science, c’est poussiéreux » « les garçons ne s’intéressent pas aux filles qui aiment les sciences », « il n’y a pas de débouchés après les études scientifiques », « je veux faire avancer les choses, changer le monde, et travailler dans un labo ou étudier la physique ne le permet pas », « je ne veux pas ressembler à un "savant fou", incapable de relations sociales ».

Mais le stéréotype le plus alarmant est celui qui suggère les hommes seraient meilleurs en science… alors qu’aucune étude ne le prouve.


Côté cursus

Une élève de l’école secondaire a trois fois moins de probabilités qu’un élève d’obtenir un doctorat en sciences exactes. Pourtant, filles et garçons font preuve de performances similaires dans les matières scientifiques à l’école secondaire, les jeunes filles s’écartent progressivement de la science au cours de leur cursus.

Seuls 32 % des titulaires d’un diplôme de premier cycle universitaire en sciences exactes sont des femmes. Une proportion qui baisse à 30 % pour les titulaires d’un master et à 25 % pour les doctorats.


En Belgique

Le rapport She Figures 2012 – gender in research and Innovation – édité par la Commission Européenne a montré qu’en dépit du constat qu’en Belgique 43% des doctorats étaient obtenus par des femmes en 2010, elles étaient largement sous-représentées dans les échelons supérieurs des carrières scientifiques. Avec un taux de 34% de femmes occupant un poste de Chargé de cours, 27% un poste de Professeur et 12% un poste de Professeur extraordinaire ou ordinaire, les résultats belges sont aussi inférieurs à la moyenne des 27.

Pire : les femmes ne sont que 21% à siéger dans les conseils des principales institutions scientifiques, contre 36% en moyenne pour EU-27.



Depuis 16 ans, la Fondation L’Oréal, à travers son programme international L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science, identifie et distingue des chercheuses d’exception et attribue également des bourses de recherche à de jeunes scientifiques prometteuses. Au total, ce sont plus de 2 000 femmes qui ont été récompensées depuis 1998.

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