Être mère à quarante ans

Ces mères tardives ont parfois des difficultés avec l’image que la société leur renvoie.

A.D.

Quadragénaires, elles souhaitent fonder leur famille. Entre désir et risques, Jérémy Royaux, psychothérapeute, donne quelques conseils. 

À l’heure actuelle, les femmes tombent enceintes de plus en plus tard. En Belgique, l’âge moyen pour avoir son premier enfant est passé à 28 ans. Cette tendance est créée par plusieurs facteurs. “Nous vivons dans une société où la femme s’investit de plus en plus hors du rôle “traditionnel” de la ménagère. De plus en plus de femmes s’investissent à fond dans leur carrière, reléguant au deuxième plan la vie familiale ou la procréation. Il y a également plus de divorces et de séparations qu’avant. Ces deux raisons n’expliquent pas tout mais sont indicatives d’une évolution de la société qui a un impact majeur sur la procréation. D’autres ont leurs raisons personnelles qui peuvent être très variables“, explique Jérémy Royaux, psychothérapeute.

Par conséquent, de nombreuses personnes décident de concevoir leur progéniture sur le tard. Certaines se sentent prêtes à l’aube de la quarantaine. Ces mères tardives ont parfois des difficultés avec l’image que la société leur renvoie. “Il y a une stigmatisation liée à des risques médicaux : enfanter à quarante ans serait dangereux pour la mère et l’enfant. De plus, de nombreuses personnes pensent que c’est négatif d’avoir des parents trop vieux. Quarante ans lors de la naissance d’un enfant, c’est un peu l’âge des grands-parents et c’est considéré comme tel”, déclare-t-il.

Le miracle de la science

Quand une quadragénaire souhaite enfanter, il existe plus de risques au niveau de la santé. Il est essentiel de se renseigner à ce sujet pour éviter toute complication future. “À partir de 35 ans, il est impératif de consulter un médecin par rapport à un projet de grossesse. Il faut faire un bilan de santé qui permet d’être bien informé des facteurs de risques, des chances de procréation naturelle et des aides à la procréation. Il est tout à fait possible d’avoir un enfant à quarante ans, mais les chances d’y arriver naturellement sont faibles. De plus, il faut être conscient du risque plus élevé d’avoir un enfant trisomique ou prématuré ainsi que des risques beaucoup plus importants pour la santé de la mère. C’est donc un projet qui se construit avec un soutien médical indispensable“, développe-t-il.

Pour se donner toutes les chances, “il y a aussi certaines mesures à prendre : arrêter de fumer, limiter la consommation d’alcool, reprendre une activité physique, apprendre la gestion du stress et surtout … essayer de prendre le temps pour ce projet et y réfléchir à l’avance“, conseille Jérémy Royaux.

Dans certains cas, la personne devra faire son deuil de maternité. Si cette situation est trop difficile à vivre, “un soutien psychologique peut être indiqué“, continue le psy.

Tellement d’amour à donner

Laly, une belle femme de 44 ans a toujours désiré fonder une famille mais n’a malheureusement jamais trouvé l'homme idéal pour le réaliser. Malgré cela, elle a essayé de faire un enfant en solo. “J’ai tenté les traitements après avoir lu un article dans un magazine féminin qui disait qu’une femme seule pouvait faire des traitements avec un donneur anonyme. Je ne l’avais pas fait avant car je pensais que c’était réservé uniquement aux couples. J’ai toujours gardé l’espoir de pouvoir le faire avec mon compagnon“, raconte-t-elle.

Après huit inséminations sans résultat, Laly a fait quatre fécondations in vitro. La dernière s’est soldée par une fausse couche. Suite à cet ultime échec, elle vit douloureusement cette absence d’enfant. “C’est dur. J’adore les enfants et lorsque je vois autour de moi que tout le monde arrive à en avoir et pas moi, je me demande pourquoi est-ce que je ne peux pas avoir la chance de pouvoir donner de l’amour à un enfant ? J’aimerais laisser une trace de moi sur cette terre”, confie-t-elle.

Néanmoins, Laly reste positive. “Je garde l’espoir de pouvoir à nouveau retomber enceinte, mais je me rends bien compte que vu mon âge, ça ne sera pas facile. En plus, je ne suis plus remboursée pour les traitements car j’ai dépassé la limite d’âge prévue jusqu’à 43 ans”, continue-t-elle. En outre, selon la loi en vigueur dans notre pays, la procréation médicalement assistée est ouverte jusqu’à 45 ans maximum.

Laly pointe aussi le fait qu’en Belgique, il est difficile de pouvoir adopter un bout de chou. “Pourquoi ne pas faciliter les demandes ? N’est-il pas mieux qu’il soit bien avec une maman “célibataire” qui pourrait lui donner de l’amour que dans un orphelinat où il est certainement considéré comme un “numéro” ?“, termine-t-elle.

Une alternative qui permettrait de faire des heureux...