Affaire Primark : ça n'est pas la première fois que des appels à l'aide sont découverts

L'appel à l'aide cousu dans une robe à fleur de Primark n'est pas un cas isolé. D'autres messages de désespoir avaient déjà été découverts, aux Etats-Unis.

E.W.
Affaire Primark : ça n'est pas la première fois que des appels à l'aide sont découverts
©Au Bangladesh - Photo Reporters

L'appel à l'aide cousu dans une robe à fleur de Primark n'est pas un cas isolé. D'autres messages de désespoir avaient déjà été découverts, aux Etats-Unis.


"Forced to Work exhausted hours" (en français, "contraint(e) de travailleurs des heures harassantes") : l'appel à l'aide découvert dans une robe à fleurs achetée chez Primark à Swansea au Pays-de-Galles par Rebecca Gallagher, jeune Britannique de 19 ans, a fait le tour de la toile.

A l'heure actuelle, il est impossible de vérifier l'origine et la véracité de cet appel au secours. Mais le message manuscrit en lettres capitales cousu sur l'étiquette de conseil de lavage interroge à nouveau sur les conditions de production des grandes enseignes internationales du prêt-à-porter.

Dans un emballage de pierre tombale de pacotille

Ca n'est pas la première fois qu'un tel SOS est lancé, se retrouvant entre les mains de consommateurs médusés. Ainsi fin 2012, une mère habitant l'Oregon aux Etats-Unis avait découvert l'appel au secours d'un travailleur forcé chinois. Elle était auparavant allée acheter des pierres tombales en polystyrène au supermarché local. Après avoir déballé les gadgets, elle était tombée sur un mot écrit en anglais et quelques mots de chinois :

  • "Monsieur : si vous venez d'acheter ce produit, pourriez-vous avoir l'amabilité de renvoyer cette lettre à l'Organisation mondiale du droit humain (...) Des milliers de personnes, qui sont persécutées par le parti communiste chinois, vous remercieraient et ne vous oublieraient pas"

La lettre précise faisait mention de journées de travail de 15 heures, 7 jours sur 7 et sans vacances. Il y était également fait état de tortures et de salaires dérisoires. Enfin, le malheureux précisait sa position : le camp de travail Masanjia à Shenyang, au nord-est de Pékin.

Selon Julie Keith qui a découvert ce message après avoir ouvert un emballage intact, il n'était pas possible que cela fut une supercherie. Aucune suite n'avait pourtant été donnée à cette triste découverte.

Dans des chaussures achetées sur la Fifth Avenue

Plus récemment, en mai 2014, une jeune femme travaillant en plus une association de protection des Droits de l’Homme a découvert elle aussi un appel à l'aide dans la boite des chaussures qu'elle venait d'acheter chez Saks, un célbère grand magasin sur Fifth Avenue à New York.

  • "Aidez-nous ! Nous sommes maltraités, et travaillons comme des esclaves 13 heures par jour pour produire massivement ces sacs dans la fabrique de la prison"

A ce mot était jointe une petite photo de passeport. Il s'avère que l'homme qui a écrit cette lettre travaillait dansl'une des nombreuses prisons chinoises dotées d’une fabrique qui fait travailler les détenus dans des conditions épouvantables, comme l'a souligné la fondation Laogai Research qui se bat pour les droits de l'homme en s'attachant particulièrement à combattre les abus commis dans ces prisons.

Au Pays de Galles, c'est le choc et le silence

Depuis ce 24 juin Rebecca Gallagher, choquée, en est sûre, et elle s'en est ouverte au journal de sa ville : "Je pense que c’est un appel au secours, pour nous faire savoir ce qui se passe là-bas." Primark, de son côté, a annoncé "qu’aucun autre incident de ce genre" n’avait jamais eu lieu. "Nous serions reconnaissants si la cliente pouvait nous retourner sa robe, pour que nous puissions enquêter et savoir de quelle façon a été attachée l’étiquette et s’il y a des problèmes sur lesquels nous devons nous pencher", a expliqué le porte-parole de la marque dans un communiqué.

Plus largement,  Primark faisait partie des enseignes dont les vêtements provenaient de la fameuse usine Rana Plaza qui s'est effondrée l'an dernier tuant plus de 1100 personnes. Elle s'était engagée à indemniser les familles des victimes. Ce qu'elle a fait rapidement, avec le plus gros montant sur la table.