Noël, je t'aime moi non plus

Oui, il y a des gens qui n'aiment pas Noël et leur syndrome porte même un nom : la natalophobie.

La rédaction en ligne
Noël, je t'aime moi non plus
©Flickr - Stéfan

À la veille d'une fête traditionnellement associée à l’amour, la famille et l'espoir, certains connaissent l'angoisse à l'idée de se forcer à sourire au moment de recevoir leurs cadeaux, de se réunir autour d'une tablée en compagnie de leurs tontons et leurs tatas et d'enfin risquer l'indigestion, tout continuant de faire bonne figure. Oui, il y a des gens qui n'aiment pas Noël et leur syndrome porte même un nom : la natalophobie.

Parmi les natalophobes, le journaliste, Jérémy Collado, détaille, dans les colonnes de Slate, les facteurs psychologiques qui le poussent à crier au secours à l'approche du 25 décembre : "Cette fête, en réalité, pour ceux qui s'y adonnent encore joyeusement, c'est avant tout l'injonction sociale poussée à l'extrême. L'obligation de jouer un rôle, de mettre un masque qui plaît à ceux avec lesquels on passera la soirée, que l'on soit cinq ou que l'on soit trente, peu importe."

Si ce jeune journaliste monte en épingle la fête de Noël comme un sommet de l'hypocrisie, il continue sa démonstration en reprenant des propos de la psychothérapeute Nicole Prieur : "On peut toujours essayer de montrer qui on est. Le problème est que chaque membre de la famille nous regarde à travers ses propres projections, ses propres attentes, et que l'on se trouve au croisement de tous ces regards, quelque fois opposés. Donc même si on est 'le bon fils de sa mère', on risque de ne pas être le bon fils de son père, le bon frère de sa sœur, le bon neveu de sa tante. Dans une famille, les attentes sont complexes, contradictoires, inconscientes, lourdes, ce qui fait qu'on ne pourra jamais ni satisfaire tout le monde ni être reconnu totalement pour ce qu'on est."

En résumé, on ne pourra jamais dire à l'oncle Claude que ses blagues n'ont pas changé depuis l'année dernière, ni à la tante Georgette qu'elle vous agace avec ses questions insistantes sur votre vie amoureuse. L'enfer, c'est les autres, disait Sartre...

Et quand bien-même, vous éviteriez d'assister aux réunions familiales, la porte cloîtrée et le téléphone coupé, il vous resterait à affronter l'insupportable, comme l'expliquait un journaliste de L'Avenir dans une chronique l'année passée : "une soirée télé à mourir d’ennui". "Les Minions", "Harry Potter", "Les bronzés font du ski", "La grande vadrouille"... autant de films que les chaînes diffusent encore et encore, sans compter les bêtisiers de circonstance, les divertissements de Patrick Sébastien, voire d'Arthur, la messe de minuit et tous les concerts d’André Rieu.

Haut les coeurs

Mais, après tout, ne vaut-il pas mieux rester positif ? Même si vous êtes natalophobe, dites-vous que tout le monde n'a pas la chance d'avoir une famille aimante, le ventre rempli et des cadeaux qui s'amassent au pied du sapin ; endossez votre plus beau sourire et faites la bise à tout le monde, même à Tata Simone. Profitez de la soirée, le printemps n'est plus si loin.