Florence combat les graffitis avec des graffitis

Lassés de voir des millions de touristes vandaliser les murs du Campanile de Giotto à Florence en Italie, ses gestionnaires ont eu l'idée de lancer une application unique sur tablette pour leur permettre de laisser des graffitis plus inoffensifs.

Trois tablettes installées, au 1er, 3e et 4e étages du campanile, et reliées à un site internet, sur lequel sont collectés tous les messages, ont déjà recueilli plus de 700 "graffitis virtuels".
Trois tablettes installées, au 1er, 3e et 4e étages du campanile, et reliées à un site internet, sur lequel sont collectés tous les messages, ont déjà recueilli plus de 700 "graffitis virtuels". ©VINCENZO PINTO / AFP
Rédaction lifestyle, avec AFP

Lassés de voir des millions de touristes vandaliser les murs du Campanile de Giotto à Florence en Italie, ses gestionnaires ont eu l'idée de lancer une application unique sur tablette pour leur permettre de laisser des graffitis plus inoffensifs.

"Bienvenue dans le Campanile de Giotto ! Depuis des siècles, nous conservons ce chef d'œuvre: dès aujourd'hui, les graffitis sur les murs seront immédiatement effacés, mais si vous laissez votre message numérique, nous le conserverons pour toujours, comme une œuvre d'art": ainsi est désormais accueilli le visiteur qui monte au Campanile pour admirer la vue splendide sur la cathédrale de Florence, le "Duomo".

Au cours des siècles, les murs du Campanile, datant du XIVe siècle, ont vu passer des générations de touristes qui, en montant les marches du monument, ont laissé des millions de messages, d'amour ou autres, et des dessins.

Florence combat les graffitis avec des graffitis
©Autography


"Il y a trois mois, quand on a commencé à nettoyer les murs, ce qui n'avait jamais été fait auparavant, on s'est demandé comment faire pour éviter que tout ce travail ne soit pas ruiné en peu de temps", raconte à l'AFP Alice Filipponi, responsable réseaux sociaux de l'Oeuvre du Duomo, une organisation laïque chargée de la gestion des biens les plus précieux de la cathédrale de Florence. Alice Filipponi a donc eu "l'idée d'une application qui permettrait au visiteur de choisir la superficie (marbre, pierre), la couleur et l'instrument qu'il souhaite utiliser (feutre, pinceau, bombe aérosol) pour laisser un message ou un dessin virtuel". Avec l'intention, pour une fois, de "promouvoir le message en tant que tel" et non son caractère délictueux.

Sonn nom "Autography". Un plan "win-win" comme le site le présente : "aucun dommage pour le monument et un graffiti immortel". Chaque année, tous ces messages seront regroupés et imprimés, avant d'être remisés aux Archives du Duomo, au même titre que tous les documents ayant trait à la cathédrale de Florence depuis sept siècles, de celui attestant l'embauche de Brunelleschi pour construire la Coupole aux actes de naissance d'Amerigo Vespucci ou de Lisa Gherardini, considérée comme le modèle de la Joconde.

Trois tablettes sont désormais installées, au 1er, 3e et 4e étages du campanile, et reliées à un site internet, sur lequel sont collectés tous les messages (http://autography.operaduomo.firenze.it/). En une semaine les tablettes ont recueilli plus de 700 "graffitis virtuels". Comme sur les vrais murs, il y a encore beaucoup de cris d'amour ou des messages de paix ou des "je suis venu ici". Des messages de soutien à Bruxelles ont également fait leur apparition.

Florence combat les graffitis avec des graffitis
©Autography


Florence combat les graffitis avec des graffitis
©Autography

La prochaine étape, début 2017, sera de nettoyer la Coupole de Brunelleschi, elle aussi endommagée par des milliers de graffitis, et d'y installer des tablettes munies d'Autography.

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