12 choses vraiment étonnantes que vous ne saviez pas sur l'eau pétillante Bru

Nous sommes allées à la source de Bru, cette eau minérale légèrement pétillante qui nous vient d'Ardenne. Voici 12 choses étonnantes à savoir sur cette eau qui met 50 ans à filtrer dans un sol pur avant de venir régaler nos papilles de ses bulles fines.

E.W.
12 choses vraiment étonnantes que vous ne saviez pas sur l'eau pétillante Bru
©DR

Une boisson pétillante qui fait du bien ? Non ça n'est pas le champagne (encore que, avec modération...), et pas non plus le soda. On veut parler de l'eau pétillante Bru qui vient du coeur des Ardennes. Et qui a une histoire intéressante qu'on vous raconte en 12 points assez étonnants.


Pourquoi la Bru s'appelle Bru ?

Il y a plusieurs versions. Mais la plus vraisembable est que Bru vient du mot "bruisser", nous dit-on chez Spa. Ce qui fait référence au bruit que l'eau de Bru avec ses petites bulles produit quand elle sort de la source, le pouhon comme on dit là-bas.


Des vertus médicinales

Son origine remonte au 1er siècle après JC : Pline l'Ancien parle de "Fontes Acidi", des "fontaines acides" dans cette région des Ardennes. Les habitants la consommaient religieusement. Elle aidait à digérer et soignait même pas mal de tracas grâce à sa richesse en fer. Il faut dire qu'à l'époque, une eau pure et saine car naturellement filtrée, cela ne courait pas les rues.

L'historien Pierre Israël raconte : "En cure à Spa en 1710, le tsar Pierre le Grand serait venu plusieurs fois à Bru où, selon l’ouvrage Chevron dans le passé de Walter Jamar, « il buvait 21 verres d’eau, mangeait 12 figues et six livres de cerises, après quoi il s’en retournait souvent à pied à Spa en se promenant ».


Bru contre Spa : la guéguerre des moines

Aujourd'hui, il y a 40 millions de bouteilles d'eau de Bru produites contre 400 millions pour l'eau de Spa, à raison de 13 000 bouteilles par heure ! Les deux eaux appartiennent au groupe Spadel. Mais au 16e siècle, c'est l'eau de Bru qui est bien plus reconnue que l'eau de Spa. En fait, les moines de Stavelot-Malmedy qui la puisaient depuis toujours pour leur propre consommation décidèrent de la commercialiser. Carton plein : l'eau part en Belgique, aux Pays-Bas, en France et cela les rend riches... Cela donna alors des idées à l'abbaye de Spa qui commercialisa à son tour l'eau de Spa.


L'incroyable opération technique pour obtenir des bouteilles d'eau complètement limpide

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Le trajet effectué par l’eau à travers le sous-sol rocheux de Stoumont dans l'Ardenne belge, dure environ cinquante ans ! L’eau provenant de la pluie ou de la neige s’infiltre jusquà 600 m de profondeur, où elle entre en contact avec des roches carbonatées. Sous la pression du sous-sol, cette eau remonte ensuite jusqu’à cinquante ou cent mètres de profondeur : c'est là que l’eau légèrement pétillante jaillit, est recueillie et mise en bouteille.

Enfin, pas tout à fait : une autre opération est effectuée entre le puisage et l'embouteillage : on sépare le CO2 de l'H2O pour pouvoir tranquillement enlever le fer de l'eau (sinon le goût serait très prononcé et il y aurait des dépots rougeâtres au fond des bouteilles) et ensuite, on réinjecte ses perles à l'eau. La revoilà comme sortant de la source mais en beaucoup moins ferrugineuse !


Son CEO, on vous le donne en mille, s'appelle Marc du Bois, un nom prédestiné pour manager une boîte implantée en plein milieu d'une forêt ardennaise... La famille du Bois est à la tête de Spadel (Spa, Wittwaller, Bru, Carola, Brecon Carreg) depuis trois générations.


Les bouteilles de Bru défectueuses ont droit à leur vitrine

Pour sensibiliser tous les employés de l'entreprise, les quelques bouteilles qui sont retournées par des consommateurs mécontents sont exposées. Certaines ont un léger dépot au fond, d'autres sont tordues, d'autres encore avaient perdu leur gaz. Marrant...


Un effet boeuf servie dans un verre avec deux feuilles de menthe, quelques graines de grenades ou des myrtilles, c'est la proposition délicieuse de Myriam Baya, de l'excellent blog culinaire " La Cuisine, c'est simple"


A la source , ce n'est pas bon !

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On nous a permis d'accéder au saint des saints : au bout d'un chemin, un talus, une cabane de béton et dedans, le puits qui mène à l'eau de Bru. A l'intérieur, ça n'est pas impressionnant du tout, on dirait un abri de jardin (rangé). On tourne le robinet et voici l'eau pompée loin sous terre qui arrive dans notre main. On sent très peu les bulles mais beaucoup le fer ! C'est pourquoi comme on vous le disait plus haut, on sépare l'eau de ses bulles pour pouvoir la traiter et enlever le trop plein de fer.

(En photo : un pouhon naturel qui permet de goûter à l'eau du coin)


La neutralité côté goût

Grâce à sa composition spécifique, son eau n’a aucune influence sur les papilles gustatives. En fait, cette eau possède un goût neutre. C’est grâce à la stratification et à la faible minéralisation du sol que Bru n’a pas ce goût salé que l’on retrouve dans d’autres eaux minérales gazeuses : elle contient jusqu’à 100 fois moins de sel que d'autres eaux minérales naturelles ! On a fait le test : prenez un carré de chocolat à 70% et un verre de Chaudontaine, un verre de San Pellegrino, un verre de Bru. La différence de goût des eaux saute au palais, même si elles sont toutes bonnes dans leur genre.


Une eau super verte

Bru et Spadel ont une obsession : garantir la pureté de l'eau. En 1981, un vaste périmètre de sécurité a alors été établi autour des sources de Bru, couvrant aujourd’hui 4 250 hectares, l’équivalent de 8 500 terrains de football. Le futur n'est pas un vain mot : aucune culture ni industrie n’est autorisée au sein du périmètre de sécurité par exemple. Les engrais et pesticides sont interdits, tout comme l’épandage de sel, qui doit être remplacé par du sable. Les matériaux de construction et les carburants utilisés sont inspectés sous toutes leurs coutures, et les pompiers ainsi que la protection civile sont prêts à intervenir en cas d’urgence (un camion renversé par exemple). Le service "green" de Bru compte une dizaine de personnes.

L’eau est contrôlée quotidiennement. Même si la composition minérale de Bru est stable, on vérifie lors de chaque forage que l’eau ne contient pas d’impuretés éventuelles. Mieux vaut prévenir que guérir !


Le marché local avant tout

Cette démarche "green" a aussi conduit le groupe Spadel à poser un acte économique fort : l'eau Bru n’est pas acheminée vers des pays lointains. Spadel se situe dans le top 10 européen des entreprises les plus durables.


Un environnement très protégé

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Lorsque l’usine d’embouteillage a déménagé en 2001 de son site d’origine de Stoumont vers un domaine plus vaste à Lorcé, un million et demi d’euros ont été investis. Non pas dans les briques, mais dans la nature. Pour rétablir l’équilibre entre conifères et feuillus sur le site originel (une zone naturelle d’un hectare), plus de 400 nouveaux feuillus ont été plantés. D’autres mesures vertes ont également été prises. Une électricité verte à 100%, et 100% recyclable, des bouteilles en plastique de plus en plus légères, un traitement des eaux usées de l’usine d’embouteillage au sein de ses propres installations, ...


Tout cela a fait qu'en 2015, l’International Taste & Quality Institute, regroupant un panel de chefs renommés, a attribué le meilleur score à Bru, après un test à l’aveugle, lors de leurs Superior Taste Awards.