Les "vrais corps" réclamés par les publicitaires

En Belgique, les agences de mannequins connaissent une réelle évolution.

Laura Cerrada
Les "vrais corps" réclamés par les publicitaires
©Montage

En Belgique, les agences de mannequins voient une réelle évolution

Sur la place de la Monnaie, à Bruxelles, entre 11 et 13 h ce mercredi, le collectif Amazone menait une action. L’ASBL a transformé les passantes en top-modèles modernes. Elles ont été prises en photo. "Nous voulons promouvoir la diversité des corps", nous explique la chargée de communication d’Amazone. "La beauté est dans la diversité, cela dépasse les âges, les morphologies, les origines…"

Or, quand on regarde les magazines de mode, cela saute aux yeux : les mannequins sont longilignes, avec des mensurations de jeunes adolescentes. Autrement dit, ce n’est pas la Belge moyenne. Celle-ci mesurerait 166,7 cm et ses mensurations seraient 93-75-99, selon la Hogeschool Gent.

Les choses évoluent toutefois. Sandra Malemprez, à la tête de l’agence de mannequins Sandra Agency, à Liège, confirme : "Aujourd’hui, en Belgique, les publicitaires cherchent des MM. et Mmes Tout-le-Monde pour leurs campagnes et/ou les films. On ne veut plus des maigres. Cela fait trente-et-un ans que je fais ce métier. Au début, on travaillait avec de jeunes beautés de 20-25 ans aux mensurations exigées. Maintenant, on travaille avec tout le monde. Il faut de la personnalité. Il suffit parfois d’un regard."

Du côté de Bruxelles, Marc Dochez, directeur de Dominique Models remarque une diversité culturelle. " Pour des raisons économiques et l’ouverture de nouveaux marchés à Dubaï ou en Inde, on nous demande des femmes à la peau mate et aux cheveux noirs."

La modernité s’installe. Les lignes bougent : les clients veulent aussi des filles qui ont déjà des followers. Ainsi, "les jeunes stars d’Instagram ont du succès", précise le directeur. C’est notamment le cas de Luffy pour L’Oréal ou de Gudrun de The Fittest Me pour Adidas.