Des hippies aux Guetta, c’est l’histoire d’Ibiza

Ibiza, mythe et réalités/ Tipik, 21h20

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Documentaire Lorsque l’on a entendu la voix off du doc Ibiza, mythe et réalités, on a franchement flippé. Le ton et le vocabulaire employé avaient de quoi rappeler les pires reportages de la TNT : "Tensions sur les routes des vacances" ; "Marseille : un commissariat sous haute tension" ; "Drogue, argent sale : la grande traque des services spéciaux" Et autres réjouissances pleines de nuances…

Le documentaire ne mérite pas d’être auréolé par un César, certes, surtout pour la forme, mais en ce qui concerne le fond, Stéphane Basset raconte, avec sérieux, l’histoire de l’île la plus fameuse des Baléares, devenue l’un des hauts lieux de la musique électronique. En interrogeant des pionniers et des spécialistes, comme le rédacteur en chef du magazine Tsugi, ou le directeur de Radio FG.

La liberté sous Franco

Avant de voir essaimer les clubs mastodontes, Ibiza a d’abord été un recueil de hippies. Des figures locales se souviennent de cet âge d’or. Dans une Espagne franquiste, l’île ibérique était une bulle de liberté. En troquant quelques objets, ou en versant une poignée de pesetas, il était possible de vivre sans souci et d’y croiser, déjà, des stars. Comme Nico, les Rolling Stones, ou encore Jimi Hendrix. Une époque racontée dans le film More par Barbet Schroeder qui dénonça, par la même occasion, l’usage des drogues.

Des clubs de 10 000 personnes

Dans les années 80, les hippies vont être rejoints par les branchés. Talk Talk, Depeche Mode ou New Order jouent dans des fêtes à ciel ouvert. Parmi les lieux emblématiques de l’île, il y a le Café del Mar où le pionnier du son "balearic" (feu José Padilla) s’est fait connaître ou encore le KU. Interrogé, Faruk Gandji, DJ et propriétaire du club, touche du doigt ses vieux souvenirs à mesure qu’il effleure les anciennes affiches de ses soirées.

En 1987, des Anglais ont débarqué sur l’île, y découvrent l’Acid House et ramènent des disques dans leurs valises. Les Britanniques ont, ensuite, déferlé sur l’île. Petit à petit, les clubs ont grossi, le prix d’entrée et les cachets des DJ, aussi. Comme David Guetta au Pacha. En 1994, le KU est devenu Le privilège, la plus grande boîte de nuit du monde selon le Guinness des records. Elle peut accueillir jusqu’à 10 000 personnes par soir dans un établissement de 6 500 m².