Septembre, le mois du baby-sitting: mais comment trouver une personne de confiance?

Boulot, école, crèche, garderie, activités… Quand tout se met en place en septembre, le recours au baby-sitting est précieux. Reste à trouver la personne de confiance.

Septembre, le mois du baby-sitting: mais comment trouver une personne de confiance?
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Nathanaël Jacqmin

Dans son Baby-sitting blues (1985), Renaud raconte son expérience assez désastreuse avec “la voisine d’à côté, qui pose son gros dictionnaire sur la table, qui s’écroule devant la télé, qui dort comme un veau quand il rentre du resto”. Cela fait sourire Vinciane Baudoin, qui gère le service baby-sitting de la Ligue des familles.

La seule chose qui reste pertinente à ses yeux dans la chanson de Renaud, c’est l’angoisse des parents qui culpabilisent de laisser leurs enfants à des personnes étrangères à la famille. “Pourtant, cela permet aux parents d’être autonomes dans la gestion de la garde, de ne pas dépendre uniquement de la famille et d’éviter ainsi certaines tensions”, explique Emmanuelle Kadz, pédiatre. Autonomie pour les parents. Mais aussi pour l’enfant. “Car chaque fois qu’un baby-sitting fonctionne bien, c’est une petite victoire pour l’émancipation de l’enfant.”

Une équation très complexe

Pour que le courant passe bien avec les parents, la Ligue des familles organise des formations en baby-sitting (6 heures pour la formation de base.) “On y parle de la sécurité de l’enfant, poursuit Vinciane Baudoin. Mais il y a tout un volet de réflexion et de conseils pour veiller à mettre en confiance les parents et veiller à une bonne relation.” Car aujourd’hui, les parents sont davantage stressés. “Les familles fonctionnent de plus en plus souvent en gardes alternées. Et les grands-parents sont bien souvent encore au travail. Cela complexifie l’équation. Les horaires sont irréguliers. Et ils n’ont pas d’autre choix que d’avoir recours à une personne extérieure à la famille.” Avec des demandes de plus en plus difficiles à satisfaire. “Le baby-sitting, ce n’est plus garder les enfants le samedi soir pour aller au resto et au cinéma. Des parents partent parfois travailler avant l’heure d’ouverture des garderies et cherchent une personne présente au lever des enfants et chargée de les conduire à l’école.”

Une professionnalisation du job

Une complexité qui se traduit par une certaine professionnalisation du job. “Notre service baby-sitting compte pas loin de 1 500 prestataires. Nous avons toujours des étudiants de secondaire (16 ans requis, NdlR) qui recherchent un premier job. Mais davantage d’étudiants plus âgés qui doivent recourir au baby-sitting pour financer leur projet d’études. Ou des personnes adultes qui travaillent à temps partiel.”

Si l’aspect du revenu complémentaire est donc souvent essentiel (7 € de l’heure à la Ligue des familles), Vinciane Baudouin note que beaucoup font aussi ce job pour rendre service et se sentir utile. “D’ailleurs, ils sont très nombreux à avoir été gardés par un ou une baby-sitter quand ils étaient enfants. L’expérience leur a plu. La preuve que l’on reste dans la mémoire des enfants comme une personne qui a compté dans son épanouissement. Plus qu’avant, le ou la baby-sitter doit faire partie du projet parental. La confiance doit être totale. La Ligue a mis en place un processus de formation, mais aussi d’évaluation. Car ils ou elles comptent souvent plus qu’on ne le pense dans la vie d’un enfant.”

L’application HappySitting, de la Ligue des familles met en contact parents et baby-sitters.