Chez Julien : la belle histoire familiale de l'hôtel alsacien aux 22 000 clients belges

Le petit resto-routiers que tenait Julien et Yvette dans les années 60 est devenu un ensemble de 14000 m² avec un vaste spa, deux immenses piscines, un restaurant gastronomique. Et le service est toujours aussi familial et les prix abordables.

Chez Julien : la belle histoire familiale de l'hôtel alsacien aux 22 000 clients belges
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E.W.

Au bord d’une route nationale, bordée de sapins vert foncé Julien et Yvette avait ouvert un petit relais routier. Un simple restaurant qui tournait on ne peut mieux, les transporteurs au nez fin traversant la région vers l’Allemagne ou le Luxembourg ne manquaient pas de s’y arrêter. Petit à petit, le couple compléta par quelques chambres qui déjà accueillaient des Belges : pendant la Seconde Guerre mondiale, Julien avait créé de solides amitiés avec quelques-uns d’entre eux qui lui rendaient volontiers visite : la convivialité et la bonne bouffe régnaient déjà sur place. A la mort précoce de Julien Goetz, son fils Gérard qui se rêvait voyageur, vient prêter main forte à sa maman.

Il se maria à Marylène qui le rejoignit…Le jeune couple se lança corps et âme dans la restauration puis l'hôtellerie. La famille s'agrandira avec la naissance de deux petites filles, blondes comme les blés !

Hélène Goetz, l'aînée, travaille désormais avec sa sœur Eléonore auprès de ses parents dans l’hôtel nommé Chez Julien en souvenir de son grand-père. Aujourd’hui l’hôtel compte 14 000 m² dont un spa, deux grandes piscines, des vastes restaurants, 72 chambres mais il n’a pas perdu de son accueil et de sa familiarité d’avant. Il y a quelques jours, la jeune femme offrait d’ailleurs un ours en peluche à un couple pour fêter l’arrivée d’un petit-enfant, un couple qui la connaissait depuis qu’elle était toute petite ! Ces premiers souvenirs sont teintés de la générosité du lieu : tout le monde se parlait, racontait sa journée et on y mangeait ce qu’on voulait : maman comme papa cuisinait pour leur faire plaisir ».

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Il faut dire que les sœurs Goetz sont nées à Fouday. L'hôtel, c'est leur maison « Je me souviens de grandes tables à midi avec des routiers, des représentants de commerce. Et maman en cuisine, en salle, dans les chambres, courant partout », explique l'aînée. Leur père, qui faisait sortir les plats en journée, se transformait en ouvrier du bâtiment le soir : « Il voulait faire passer l'hôtel de 5 à 10 chambres. Heureusement pour lui, un Belge de passage qui était doué pour ça l'a aidé toute la semaine à détruire des murs à la masse, c'est devenu un ami d'ailleurs ! », rigole Eléonore.

Toujours en agrandissement

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Chez Julien se développe et veut se faire connaître. « A l'époque, les institutions touristiques étaient tournées quasi exclusivement vers l'Allemagne » Le hic, c'est que le couple ne parle pas allemand. Alors Gérard Goetz décide de partir en Belgique où des liens sont déjà tissés avec quelques familles. Au final, il se retrouve seul à représenter le stand de l'Alsace au salon des Vacances de Bruxelles ! Carton plein… Depuis, le patron n'a jamais ou presque manqué une édition, hébergé sur le stand du tourisme alsacien, il est plus que demandé, pris d'assaut on pourrait dire ! Il faut imaginer l'ampleur du phénomène Julien en Belgique : près de 22 000 cartes de vœux sont envoyées pour les fêtes de fin d'année dans notre pays, à une clientèle fidèle "et toujours aussi chaleureuse" selon les filles Goetz.

Aujourd'hui, le routier est devenu spa, le frichti du soir un menu 5 services servi en demi-pension et concocté par un chef qui a travaillé longtemps dans les restaurants 2 étoiles de la région. Les petites filles blondes qui adoraient partir en excursion avec les clients sont devenues mamans à leur tour : 3 garçons et une petite Louise ont renforcé le clan familial très soudé. Des sœurs qui ont grandi sous le regard des clients de plus en plus nombreux à venir à Fouday, ce petit village perdu dans le Bas-Rhin, dans les contreforts des Vosges. "Aujourd'hui, ces clients qui nous ont vu petites, qui nous emmenaient avec eux au château du Haut-Koenigsbourg ont des petits-enfants et désormais, ils rencontrent nos enfants", sourit Hélène, maman de deux garçons.

Bocuse, Résimont, Rigolet, Schillinger aiment y passer un petit séjour pour se reposer et... bien manger. De grands noms mais pourtant personne ici ne prend la grosse tête. Les filles Goetz turbinent comme leurs parents du matin au soir, entraînant avec eux 80 employés, c'est impressionnant à voir… Eléonore Goetz a travaillé dans de très grands hôtels outre-Atlantique mais elle est revenue : "Ici on a tout le temps des témoignages de gentillesse, c'est vraiment rare et ça booste", "On connaît les gens et inversement, je n'ai pas l'impression de travailler", complète Hélène qui a préféré à l'époque laisser tomber un stage prometteur à l'ex-Conrad bruxellois pour rester à Fouday.

Tout change, rien ne change... Les premières chambres « Bruchoise » ont toujours leur apparence cocoon des années 80, les couloirs sont de bois et de moquette rouge et pleins de tableaux et de photos, la grande salle de restaurant est chaleureusement kitsch… avant de grandes transformations qui devraient s’achever pour fin 2024. Pour plus d’espace et de confort. A la manoeuvre, Gérard Goetz, encore et toujours. Mais le chef est très fier d'avoir pu confier toute la partie décoration et design à ses filles depuis quelques années, qui apportent ainsi une touche contemporaine, douce et élégante. Et entend bien passer la main à ses filles et à ses gendres en toute confiance dans les années à venir.

Chez Julien : la belle histoire familiale de l'hôtel alsacien aux 22 000 clients belges
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En toute saison la clientèle belge vient et revient : « On n'est pas des plus actifs sur Trip Advisor », admet Eléonore, « Mais on a fait un tel boulot en amont que pour l'instant, on tourne toujours bien avec le bouche-à-oreille ». Le séjour moyen est de 3 à 4 nuits, « L'idée c'est de s'arrêter, de faire une pause et de profiter de la nature et de la bonne chère. On gare la voiture et on se laisse aller ! », conclut Hélène Goetz. Le lieu idéal pour se ressourcer en toutes saisons, entre spa, massage, balades en forêt et gastronomie réjouissante. Les prix commencent à 133€ en demi-pension (5 services) par personne à partir de 2 nuits… Et 190 euros pour les chambres Montagne design, vastes et cosy...

L’Alsace depuis Chez Julien

Chez Julien : la belle histoire familiale de l'hôtel alsacien aux 22 000 clients belges
©Shutterstock - Mittelwhir

Si le spa, les piscines intérieure/extérieure toujours chauffées à 33° et les balades dans les sapins aux alentour de Chez Julien ne suffisent plus à votre bonheur, il existe des chemins de randonnée qui montent à l’assaut des Vosges. La vallée de la Bruche où se niche l’hôtel est magnifique !

A quelque 25 km commence la route des Vins d’Alsace avec la visite des caves comme celle du domaine Eblin-Fuchs à Zellenberg (biodynamie), les caves Ginglinger, le domaine de Burghartt-Spettel à Mittelwihr, merveilleux petit village connu pour sa colline aux amandiers. Et le célèbre domaine de Joseph Gross.

Les villages alsaciens ressemblent à des maisons de poupée, on pense à Riquewhir, Mittelwhir, Obernai, Colmar, …

Le château du Haut-Koenigsbourg est éblouissant, château-fort construit sur un massif de pierre, on s’y sent encore aux temps moyen-âgeux.

On découvre aussi le charme de l’Alsace au travers de ses artisans : les confitures du Climont, les moutardes Alélor, la bière Météor (et sa Villa pour y découvrir la plus ancienne brasserie de France en activité) ou encore la Fabrique à bretzels...

Et puis il y a ces paysages de forêts épaisses, de ruisseaux cristallins et de neige en saison avec les cols de la Perheux, de la Schlucht, du Donon, …

L’histoire est aussi bien présente avec, non loin le Struthof, un lieu-dit perdu dans les montagnes où les nazis installèrent le sinistre camp de concentration de Natzweiler. Devenu un lieu d’histoire et de mémoire, l’endroit emplit d’émotions fortes, dans le respect des hommes qui y ont traversé l’horreur absolue. On ira aussi au Mont-Sainte-Odile, un couvent et haut-lieu spirituel de l'Alsace situé à 753m d'altitude qui connut aussi une tragédie : un Airbus A320 assurant le vol Lyon-Strasbourg 148 Air Inter s'écrase sur la montagne de la Bloss, proche du mont Sainte-Odile, faisant 87 morts et laissant 9 survivants. Une clairière du souvenir, accessible à pied, a été aménagée sur une partie de la zone déboisée lors de l'accident.

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