Magazine

C'est une histoire de fou qu'a vécu cette Mexicaine habitant dans le Tennessee et aujourd'hui devenue maman. Arrêtée sans papier en règle à l'occasion d'un simple contrôle routier en 2008, Juana Villegas est alors incarcérée alors qu'elle est à l'époque enceinte de neuf mois. C'est en tant que détenue et menottée à la table d'accouchement qu'elle donnera donc naissance à son fils peu de temps après.

En 2011, un juge fédéral décrétait que les droits de la jeune femme avaient été bafoués, lui accordant, ainsi qu'à ses avocats, une compensation sonnante et trébuchante d'un demi-million de $. Néanmoins, l'agglomération de Nashville s'était empressée d'invalider cette décision, forçant la plaignante à faire appel. Un second procès qui verra l'intéressée obtenir gain de cause, l'affaire ayant, du même coup, remis sur la table la problématique de la délégation des pouvoirs de police migratoire aux forces de l'ordre locales... L'administration Obama en a pris pour son grade dans cette affaire. Conséquence directe: la non-approbation des nouveaux programmes de délégation de pouvoirs précités et la suspension de ceux déjà en vigueur.

L'interdiction d'entraver les femmes enceintes en détention a quant à elle été décidée en 2008. Pourtant, dans les faits, seuls 24 des 50 états américains interdisent effectivement de menotter les détenues qui accouchent. C'est le grand bruit qu'a provoqué l'affaire qui a permis à Juana Villegas de jouir d'une issue positive. "Si mon cas n'avait pas été rendu public, le shérif n'aurait pas fait de modification", a-t-elle confié au célèbre New York Times.

Suite au compromis judiciaire négocié, Juana Villegas va recevoir 490,000$ (dont 390,000$ pour payer ses avocats). Le NY Times évoque même la possibilité de l'obtention d'un visa.