Nathalie Lespagne, une tatoueuse montoise chevronnée a lancé depuis un mois Rose Téton, un joli nom qui recouvre la technique bluffante de reconstruction de l'aréole par tatouage 3D.

Se réconcilier avec son corps après un cancer du sein, cela ne coule pas de source. Une fois que la rémission totale est là, que les allers et retours à l’hôpital ou chez les spécialistes sont derrière, il existe un grand vide, surtout après une mastectomie. Difficile de se réapproprier son corps avec des cicatrices dues à l’opération ou celles venant de la radiothérapie, sur un buste devenu plat ou n’accueillant plus qu’un sein.

Les combattantes victorieuses d’un cancer du sein doivent alors se lancer un autre défi : accepter ces marques qui font partie de leur vie ou repasser sur la table d’opération. Le chirurgien esthétique pourra soit poser des implants, soit reconstituer un sein à partir de la graisse corporelle de la patiente. Dans bien des cas, le professionnel peut créer un volume pour recréer un téton. Restent que la couleur, la texture ont disparu…

Il existe deux techniques alors pour que réapparaissent les aréoles : la dermo-pigmentation médicale et le tatouage 3D de reconstruction mammaire, une technique bluffante et définitive mise au point par quelques tatoueurs anglo-saxons.

Nathalie Lespagne est la deuxième en Belgique à proposer ce service, après Denis Larminier chez Little Tear Tattoo à Liège. Tatoueuse chevronnée installée à Mons dans le shop Noir Charbon, elle a suivi une solide formation et depuis un mois, elle crée au travers de Rose Téton, ses tatouages 3D dans des teintes vraies. La différence avec la dermo-pigmentation : “Le tatouage est définitif, il ne s’affadit pas, ne doit pas être refait, ce qui est le cas environ tous les deux ans avec la dermo-pigmentation. C’est important, psychologiquement, de fermer la porte une fois pour toutes après une reconstruction”, souligne Nathalie.

La jeune femme, touchée personnellement par le cancer du sein qui a emporté sa maman, a découvert le travail d’Alexia Cassar, pionnière française à proposer cette technique qui passe par l'art. “Quand j’ai découvert que grâce à mon métier, je pouvais aider, je n’ai pas hésité”.

"C’est tellement plus qu’une aréole"

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Quel est le niveau de douleur de ce tatouage sur des cicatrices ? “Cela dépend, certaines femmes ne ressentent plus rien, d’autres recommencent à éprouver des sensations lors du tatouage et c’est un renouveau et d’autres ont mal comme pour un tatouage”, explique la tatoueuse. Les avant/après sont bluffants : c’est toute la beauté d’un téton et la féminité qui pointe le bout de son nez !.Et le travail est rapide : un entretien très personnel permettra à la tatoueuse de répondre à toutes les questions et de déterminer avec sa cliente les teintes voulues. Il est suivi de deux rendez-vous tattoo de 30 minutes environ.

Elle le répète, la technique de tatouage de l’aréole est une démarche artistique, pas médicale. Même si elle est soutenue par de nombreux oncologues qui savent à quel point ce trompe-l’oeil spectaculaire et définitif aide les femmes à retrouver confiance, bien-être et estime de leur corps. “C’est vraiment magique de pouvoir apporter ça. C’est tellement plus qu’une aréole. C’est la féminité, la relation à son corps, à l’autre, aux autres. Et lorsque je croise le regard de la personne qui se voit pour la première fois dans le miroir, c’est complètement émouvant. Si je pouvais, je ne ferai plus que cela”, partage Nathalie Lespagne. Malheureusement pas pris en charge par la sécurité sociale, le tatouage 3D qu’elle propose coûte 550€ pour un sein et 850 pour les deux. Pour la vie.

> Infos : roseteton.com et rosetetontattoo@gmail.com