Sylvie, sur son blog Zéro Carabistouille partage ses recherches, ses bons plans et ses réflexions en matière de "zéro déchet". Dans ses carnets de route, elle nous raconte, à sa manière très personnelle, comment aborder les différents challenges dans lesquels sa famille s'est lancée depuis qu'elle a pris la décision de s'engager vers le "zéro déchet".

Il nous semblait important de partager sa vision des choses et suivre son expérience grandeur nature pour s'en inspirer, de tout... ou partie.

Cette semaine, Sylvie fait le bilan sur son année du grand changement. Et il y a des choses à dire, parfois à regretter et surtout à fêter !


1 an ! Déjà un an que nous nous sommes lancés dans ce projet fou du zéro déchet. Vous vous demandez probablement si on a “survécu” à cette expérience, si on se sent toujours bien, si on n’est pas en manque de notre vie d’avant ou tout simplement si on n’a pas abandonné …

Que nenni, nous n’avons jamais été aussi déterminés et motivés ! Et en plus, on est en pleine forme et heureux ! On a vécu des moments de doutes et de découragement, il nous est arrivé de faire de petits pas avant et de grands pas en arrière mais nous sommes prêts à aller plus loin. L’année 2 sera une année remplie de nouveautés, de nouveaux défis. On a impatience !


Tout commence par un début …

Nous avons débuté notre vie zéro déchet par l’axe de l’alimentation, et plus particulièrement des collations des enfants. C’était pour nous une évidence, il fallait stopper l’utilisation de ces biscuits et friandises pleins de substances non définissables mais surtout pleins d’emballages, qui plus est non recyclables ! Très vite, nous avons trouvé notre rythme de croisière et, chaque semaine, nous faisons une tournante dans nos recettes pour avoir en continu 4-5 sortes de collations dans notre armoire.

Nous avons également très vite embrayé sur les produits en vrac. Chance est de constater que de plus en plus de magasins proposent un choix de plus en plus large de produits secs mais aussi de produits moins conventionnels comme des biscuits apéro, de la moutarde, du sirop d’érable…


Un changement certain

Si je dois faire un constat sur les changements réalisés pendant cette année, en dehors des changements d’habitude d’achat, je mettrais en évidence ceux-ci :

Je ne me suis jamais sentie aussi détachée des choses. Autant avant, lorsque quelque chose se serait cassé, brisé, je me serais mise en colère. Aujourd’hui, j’y vois une opportunité pour me demander si j’en ai réellement besoin et si je ne peux pas m’en passer. Quel liberté de se sentir de plus en plus légère matériellement et en phase avec mes valeurs.

Dès que nous avons besoin de quelques chose (évidemment de vraiment utile et nécessaire), nous avons le réflexe “seconde main” ou “occasion”. S’il nous arrive de ne pas trouver la perle rare, nous devons prendre une décision : attendre encore un peu pour la trouver, simplement s’en passer ou, en dépit, l’acheter en neuf (mais ouf, il s’agit de cas d’exception, et, dans ce cas, on privilégie des produits locaux et de qualité). Nous avons pris cette habitude tant pour les habits que pour les jouets et les biens courants (ex. tondeuse à gazon manuelle).

Malgré le fait que nous n’avons plus accès à certains produits, je ne me suis jamais sentie aussi bien. Je suis devenue totalement hermétique aux slogans publicitaires et au martelage commercial. En plus, comme je ne vais plus jamais dans les grandes surfaces, je n’ai plus aucune tentation et je ne vais plus qu’à l’essentiel.

Depuis un an, je n’ai plus acheté de nouveaux habits. Seuls des vêtements de seconde main ou faits maison sont rentrés dans mon armoire ! Et je n’en suis pas peu fière ! Ma garde-robe se désemplit petit à petit car je fais un tri régulier des habits que je ne mets pas ou trop peu !

J’ai basculé vers les mouchoirs en tissu et je n’y aurais pourtant jamais cru ! Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis comme on dit. Conclusion : Je ne retournerai plus jamais aux mouchoirs en papier, mes narines m’en remercient !


Les embûches

Nous n’avons toujours pas trouvé de solution pour le lait. Soit on trouve du lait en bouteille consignée mais non bio, soit du lait bio mais alors c’est soit en poche plastique (chez notre producteur lacto), soit en Tetrabrik. Pour l’instant, on continue avec ces 2 secondes options car le bio pour le lait reste une condition sine qua non pour nous, mais nous ne désespérons pas de trouver une solution zéro déchet pour 2017. Notre poubelle bleue aura ainsi quasi disparu !

Le papier toilette. Nous ne désirons pas nous passer de papier toilette et virer aux lingettes tissus (un peu trop tôt pour nous dans notre démarche ;p). Le plastique qui emballe les rouleaux a le hic pour me mettre en colère. J’ai bien une idée de solution (des papiers toilette dans une caisse en carton … déjà mieux mais pas encore 100% zéro déchet, je suis d’accord !) et je compte bien la mettre en oeuvre dès 2017 !

5 kg de déchets non recyclables par trimestre !

Malheureusement, nous n’avons pas pesé nos poubelles au début de notre expérience. Mais la différence est flagrante ! Nous sommes passé d’une poubelle non recyclable estimée à +/-12 kg (ou 80 litres) par semaine à une poubelle de seulement 5 kg par trimestre, et ce pour 4 personnes !

En extrapolant, on est donc à +/- 20 kg de déchets par an pour 4 personnes ! On applaudit, on dit Bravo (il faut parfois s’auto-féliciter, c’est bon pour le moral).

Alors oui, on a encore des poubelles recyclables mais celles-ci ont aussi subi un sacré régime : on ne les sort plus qu’à une fréquence trimestrielle et leur poids a significativement diminué : 5 kg pour la poubelle papier et 2,5 kg pour la poubelle PMC. Et pour cette dernière on sait que le jour où on aura trouvé la solution pour notre lait, ça en sera fini avec les tetrabrik et la poubelle bleue !

On est bien conscients que le chemin est encore long avant d’arriver au zéro déchet ou au bocal de 500 ml de Béa Jonhson mais nous sommes en de bonne voie ! Quand on compare avec la première année de la « Famille presque zéro déchet », on est quand même pas si mal. Ils avaient une poubelle non recyclable de 1,5 à 2kg tous les mois, ce qui équivaut à +/- une vingtaine de kilos de déchets par an (comme nous, donc !) et, pour le non recyclable, ça se chiffrait à un bac de 40 L de déchets recyclables en tout genre tous les mois. On est donc vraiment dans les mêmes tendances ! 

En outre, tous les aliments d’avant notre défi zéro déchet sont presque consommés et sortis de chez nous. On sait que l’on va pouvoir démarrer cette nouvelle année sur une base quasi saine.


Vous voulez connaître les prochaine étapes de la famille Zéro Carabistouille ? C'est ici !

Et puisque c'est encore le temps des voeux, on vous souhaite une année 2017 activement zéro déchet !