Ces dernières années, les écrans ont pris une place importante dans notre quotidien. De moins en moins de foyers comportent un téléviseur, c’est vrai, mais, à côté de ça, les autres écrans pullulent de partout, au point de devenir de véritables aimants. Encore plus pendant cette période de crise où le monde est coupé de contacts extérieurs. Aujourd’hui, tout est accessible en un clic. Plus besoin de se déplacer pour aller faire ses courses, d’acheter le journal du jour, de refaire le monde autour d’un verre ou de sortir le bon vieux jeu de société qui amusera la famille entière. C’est désormais via les écrans que ça se passe. Et cela, au détriment des relations familiales.

Dans Une journée sans écran, un livre jeunesse paru aux Éditions Fleurus, Emmanuelle Lepetit parle de cette omniprésence des écrans et de la façon dont elle prive les parents d’une complicité avec leurs enfants, et inversement. "Il n’y a qu’à regarder autour de nous. Aujourd’hui, les écrans prennent de plus en plus de place dans notre vie. Au départ, on les utilise pour combler un vide et, ensuite, ils grignotent notre temps petit à petit et finissent par nous rendre totalement dépendants", explique l’autrice qui, pour ne pas rendre son ouvrage "ennuyeux et moralisateur", a eu l’idée d’inverser les rôles entre les parents et les enfants. Narratrice de l’histoire, une petite fille a déclaré ouverte la journée sans écran après que sa mère a cramé ses tartines grillées à cause d’une vidéo envoyée sur les réseaux sociaux. "Maintenant, ça suffit !", s’exclame-t-elle.

Privés de leur jouet favori, les parents réagissent comme des enfants. À table, l’ambiance n’est pas au rendez-vous. Et lorsque les enfants leur proposent d’aller se balader à l’extérieur, père et mère partent s’habiller en râlant. Des expressions qui ont superbement été interprétées par le coup de crayon de l’illustratrice espagnole Ana Duna. "Par ce livre, je voulais montrer qu’il y a des choses qui se passent quand on s’éloigne des écrans. Quand on est dans notre bulle, on ne se rend pas compte que dehors, le soleil brille, qu’il fait beau et qu’on pourrait profiter de la nature", explique Emmanuelle Lepetit. "Cela fait du bien aux parents et aux enfants mais également aux liens qui les unissent. On se redécouvre et on redécouvre des moments de complicité qu’on laissait de côté jusqu’ici."

Résultat d’une journée sans écran dans la famille de la jeune fille aux deux nattes ? Des parents et des enfants heureux d’avoir passé une journée ensemble, loin des tablettes, smartphones et téléviseurs." À la fin du livre, on voit que les parents sont libérés. Ils sont beaucoup plus proches l’un de l’autre. Ils courent main dans la main à travers le parc, le père cueille un bouquet de fleurs à sa femme", explique Emmanuelle Lepetit qui conclut en disant que "tout cela demande un minimum d’efforts mais que les fruits de ces derniers sont réels et en valent la peine."